Après plusieurs hospitalisations et deux décès, les autorités britanniques tentent de contenir une épidémie de méningite B qui inquiète étudiants et familles.

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Après plusieurs hospitalisations et deux décès, les autorités britanniques tentent de contenir une épidémie de méningite B qui inquiète étudiants et familles.

Sur le campus de l’université du Kent, dans la ville de Canterbury au Royaume-Uni, les files d’attente s’allongent devant les bâtiments de la fac. Des étudiants patientent pour recevoir des antibiotiques distribués en urgence. Certains portent des masques, d’autres couvrent leur visage avec des foulards. Le campus, habituellement animé, est devenu inhabituellement silencieux. Depuis quelques jours, une épidémie de méningite inquiète fortement cette région du sud-est de l’Angleterre.

Le ministre de santé britannique parle d’une épidémie « sans précédent ». Il évoque aussi un cas signalé samedi dernier par les autorités françaises et concerne une personne en France ayant fréquenté le campus anglais.

Tout a commencé lorsque plusieurs jeunes ont été hospitalisés après avoir présenté des symptômes graves. Très vite, les autorités sanitaires ont confirmé plusieurs cas d’infections invasives à méningocoques. L’enquête a ensuite révélé l’ampleur de la situation : au moins quinze cas ont été recensés dans la région du Kent. Deux jeunes sont morts en quelques jours seulement : une lycéenne de 18 ans, scolarisée à la Queen Elizabeth’s Grammar School de Faversham, et un étudiant de 21 ans à l’université du Kent.

Les analyses ont montré que certains cas étaient liés à la souche bactérienne méningocoque B, une forme particulièrement grave de méningite.

L’enquête sanitaire s’est rapidement concentrée sur un lieu précis : le Club Chemistry, une discothèque de Canterbury. Plusieurs des personnes infectées y auraient passé la soirée entre le 5 et le 7 mars. Et environ 2 000 personnes auraient fréquenté l’établissement durant ces trois nuits.

Les autorités sanitaires britanniques ont alors demandé à toute personne ayant fréquenté le club pendant cette période de recevoir un traitement antibiotique préventif. En parallèle, un programme de vaccination ciblé contre la méningite B doit être proposé aux étudiants vivant dans les résidences universitaires.

La méningite est une infection des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Lorsqu’elle est d’origine bactérienne, elle peut évoluer très rapidement et devenir mortelle si elle n’est pas traitée immédiatement. Les premiers symptômes ressemblent souvent à une grippe : fièvre, maux de tête, vomissements ou grande fatigue.

Au Royaume-Uni, un vaccin contre le méningocoque B est proposé aux nourrissons depuis 2015. Mais de nombreux adolescents et jeunes adultes n’ont jamais été vaccinés, car ils sont nés avant la mise en place de ce programme. Et c’est précisément cette tranche d’âge qui se retrouve aujourd’hui la plus exposée.

Face à l’inquiétude, plusieurs événements étudiants ont été annulés à Canterbury, notamment les célébrations prévues ce mardi soir pour la Saint Patrick. Pour l’instant, les autorités britanniques estiment que l’épidémie reste localisée dans le Kent, mais la vigilance reste de mise.