À l’espace de l’Huveaune, où sont regroupés les quatre bureaux de vote de la commune, les habitants étaient au rendez-vous tout au long de la journée. Le maire sortant, Nicolas Bazzucchi (DVC), s’est tenu devant l’entrée et a scruté attentivement l’arrivée des électeurs. À l’intérieur, les deux candidats, Frédéric Szabo (DVD) et Stéphane Castérot (DVC), déambulaient dans les allées, soucieux de ne pas se faire voler la vedette.
Il faut dire que les démêlés du maire avec la justice ont éclipsé le reste de la campagne. D’abord par la mise en examen pour viol et violences aggravées sur deux de ses anciennes compagnes. Puis, fin février, par la plainte déposée par une employée municipale pour des faits de « harcèlement professionnel » à son encontre. Pour certains Pennois croisés hier comme Hervé, pas question pour autant de « mélanger les affaires judiciaires à la politique ».
« Moralité incompatible »
Guilhem, lui aussi, assure ne pas être impacté par ces démêlés avec la justice et revendique remplir simplement son « devoir de citoyen ». D’autres, cependant, s’inscrivent en faux. Pour Richard, les déboires du maire ne sont pas dissociables de son mandat, il invoque une « moralité incompatible » avec sa fonction.
Karine, elle, déplore que la commune ne fasse la une de l’actualité que pour les « affaires du maire ». « En tant que femme, je ne peux pas cautionner les agissements de Monsieur Bazzucchi » poursuit-elle.
À l’issue de ce premier tour, les ambitions du maire à sa réélection sont mises à mal. Seulement 44 voix le séparent de Frédéric Szabo. Dans un communiqué, l’actuel maire a dénoncé une « campagne marquée par de nombreuses attaques médiatiques et sur les réseaux sociaux ». Il a souhaité cependant « continuer à convaincre et à rassembler » tout en critiquant le programme de Frédéric Szabo.
« C’est très décevant pour moi »
« J’ai 60 ans, je suis médecin, explique de son côté posément ce dernier. Mon but est d’apporter de la clarté, de la transparence. » Une volonté qu’il veut être en opposition avec ce qu’il constate ailleurs sur le terrain. « Quand on voit certaines façons de faire de la politique… Comment faire confiance ? » Prudent, Frédéric Szabo n’a cependant pas souhaité évoquer de possibles alliances à venir dans l’entre-deux-tours.
Du côté de Stéphane Castérot, en troisième et dernière place, la déception est vive. « Je prends acte de la mobilisation des Pennois et des Pennoises qui a été très forte. C’est très décevant pour moi et pour mon équipe », confirme-t-il, dépité sans définir sa position à venir. « Nous déciderons demain pour voir ce qu’il est possible de faire. »