Et si la clé pour gérer notre sucre dans
le sang n’était pas huit heures pile, mais un peu moins ?
On a tous entendu le fameux « il
faut dormir huit heures par nuit », mais une étude récente publiée
dans BMJ Open Diabetes
Research & Care remet un peu les compteurs à zéro.
Parce que, quand il s’agit de réguler la glycémie, tout n’est pas
question de quantité absolue. En fait, dormir « trop » le week-end
pour rattraper ses nuits courtes en semaine pourrait bien jouer
contre nous.
Une
grande étude pour comprendre le sommeil et le glucose
On pense souvent qu’il suffit de
dormir huit heures pour être au top, mais cette étude publiée dans
BMJ Open Diabetes
Research & Care montre que c’est un peu plus subtil
que cela. Les chercheurs se sont penchés sur les habitudes de
23 500 adultes,
âgés de 20 à 80 ans, pour comprendre comment la
durée du sommeil influence le métabolisme, et plus
particulièrement la résistance à l’insuline, mesurée grâce au taux
d’élimination du glucose estimé (eGDR). En clair, ce chiffre permet
de savoir si le corps gère bien le sucre que l »on lui donne, et un
chiffre trop bas peut être le signe que le métabolisme commence à
se fatiguer.
Chaque participant a indiqué
combien d’heures il dormait en semaine et pendant le week-end.
Beaucoup dormaient autour de 7,5 heures en semaine, puis rajoutaient un peu de
sommeil le week-end pour « rattraper » les nuits plus courtes.
L’analyse des données a permis de tracer une courbe très précise
entre durée du sommeil et eGDR, révélant un point
optimal : 7 heures et 18
minutes par nuit. Ni plus, ni moins. Même si ce chiffre
semble presque obsessionnel, il montre surtout que l’important, ce
n’est pas de viser un chiffre rond, mais d’avoir un rythme de
sommeil régulier et cohérent.
Cette étude confirme quelque
chose que l’on soupçonnait sans toujours y prêter attention : ce
n’est pas seulement la quantité de sommeil qui compte, mais aussi
la stabilité du rythme de
sommeil. Dormir un peu chaque nuit, sans accumuler de
dettes que l’on essaierait de compenser le week-end, semble être le
meilleur moyen de garder notre métabolisme en forme.
Pourquoi rattraper ses nuits peut se
retourner contre nous
L’étude a aussi regardé ce qui
se passe quand on tente de compenser les nuits courtes du reste de
la semaine en dormant beaucoup plus le week-end. Et surprise : ceux
qui ajoutent deux heures ou
plus se retrouvent avec des marqueurs d’un
métabolisme un peu
chamboulé. Le souci, c’est que dormir beaucoup
plus longtemps décale l’horloge biologique, et du coup le corps ne récupère
pas au bon moment. Les organes comme le foie ou les tissus adipeux
se retrouvent un peu perdus, comme si l’on changeait les piles
d’une horloge qui se remet jamais à l’heure.
À long terme, ce décalage peut
provoquer de l’inflammation et compliquer la manière dont
le corps gère le glucose. Bref, le fameux « rattrapage de
sommeil » n’est pas vraiment la solution miracle. Mieux vaut garder
un rythme
régulier, en visant 7 à 7,5 heures de sommeil chaque nuit, histoire de
laisser le corps récupérer correctement sans jouer aux montagnes
russes avec notre horloge interne. Et on se sentira beaucoup plus
frais, sans avoir à courir après ses heures perdues le samedi
matin.