
Crédit : Noëlline Garon
Opération ramassage des déchets ! Toute la semaine, les agents des routes du département d’Ille-et-Vilaine ramassent des détritus sur les axes départementaux. Veste fluo sur le dos, pince téléscopique à la main, ils n’ont pas besoin d’aller bien loin pour en trouver. Ce jour-là, Cyril Chambron est mobilisé à Bain-de-Bretagne : « C’est des boîtes de chewing-gum, des cartons, des bouts de carton, des emballages. Parfois même des pneus voire des bouteilles remplies d’urine« . A ses côtés, son collègue David Legovic : « Là j’ai trouvé une plaque en métal, qui est certainement tombé d’un véhicule. À proximité de la déchetterie, on a pas mal de polystyrène. Et ça, c’est assez problématique parce que quand ça s’éclate, ça fait plein de petites billes et on ne peut pas les ramasser. Tout ce qui est dans le fossé va aller dans les ruisseaux, les rivières. Et tout ça se jette au final dans la mer« . Si ces déchets sont présents partout, on en trouve plus à proximité des déchetterie ou des échangeurs routiers.
Reportage avec les agents des routesReportage avec les agents des routes
Crédit : Noëlline Garon
« On jette par la fenêtre nos déchets », c’est devenu banal !
Le département a mis en place ce temps fort en 2023. Cette année, les agents longent 400 kilomètres, soit 10% du réseau. Et la quantité de déchets ramassés est en hausse constante. En 2025, près de 800 sacs de 100 litres de déchets et 30 pneus ont été ramassés. C’est une opération qui prend du temps sur le quotidien des agents : « Ce sont des milliers d’heures qu’on passe à nettoyer alors qu’on pourrait les passer à faire autre chose. Nos agents sont qualifiés pour entretenir, pour moderniser et pour sécuriser nos routes. Mais là, ils sont contraints de le faire parce que qui va le faire autrement ? Et donc, on vient compenser la collectivité et les collectivités en général parce que ce n’est pas que les routes départementales, c’est le réseau national aussi. On vient compenser des actions du quotidien qui sont devenues banales. C’est-à-dire qu’on jette par la fenêtre comme si on allait faire autre chose alors que c’est non, c’est un acte répréhensible et c’est du temps passé pour nos agents là où ils devraient être ailleurs. Il y en a toujours plus et le constat, c’est que ça s’accentue aussi en nombre de kilomètres. C’est partout. En fait, il n’y a pas un endroit bien ciblé. On a des spots un peu plus spécifiques où on sait que d’un point où on achète des emballages réutilisables et de la nourriture rapide par exemple, là on va trouver 10 kilomètres autour, beaucoup de déchets », poursuit Frédéric Martin conseiller départemental en charge des mobilités, des bâtiments et innovations.

Frédéric MartinFrédéric Martin
Des déchets qui abîment les machines et qui polluent
Si les agents ramassent ce qu’ils trouvent au bord des routes tout au long de l’année, cette opération plus forte sur une semaine a pour ambition de sensibiliser les usagers au respect de l’environnement. C’est aussi une action de prévention : « On souhaite agir pour avoir des routes propres sur les axes départementaux, mais c’est aussi une façon de simplifier nos missions d’entretien de la route. Lorsqu’on a ces polluants qui viennent se prendre dans les machines, notamment pour réaliser le fauchage et le brossage des routes départementales, ça dégrade nos machines, nos engins, et puis ça complexifie nos tâches. Ce n’est pas souhaitable, donc c’est pour ça qu’on fait une collecte préventive de ces déchets routiers à raison de 400 km tous les ans. C’est 10% du réseau qui va être collecté cette année. Nous, ce qu’on souhaiterait, c’est bien sûr ne pas avoir à réaliser ces tâches, mais pour le moment, on est loin du compte, puisque tous les ans, on ramasse un peu plus. Donc l’idée serait plutôt de ramasser beaucoup moins, mais on n’y est pas encore », poursuit Bertrand Merrer, responsable service gestions de la route à la direction des routes départementales en Ille-et-Vilaine. Et cette opération doit s’achever en Ille-et-Vilaine ce vendredi.
Bertrand MerrerBertrand Merrer
Crédit : Noëlline Garon

Crédit : Noëlline Garon