Le tumulte d’une carrière, les drames intimes, puis cette
parenthèse presque hors du temps face à la mer. Pour France
Gall
, la petite maison achetée sur l’île de
Ngor
, au large de Dakar, n’était pas une
simple résidence secondaire. C’était un repère, un refuge, un lieu
où elle venait reprendre son souffle depuis 1986,
dans un décor resté longtemps à l’écart des regards.

France Gall et l’île de Ngor

Tout commence au milieu des années 1980,
lorsque France Gall découvre le
Sénégal dans le cadre d’engagements humanitaires.
En 1985, la chanson Éthiopie,
portée par Chanteurs sans frontières, se vend à
1,5 million d’exemplaires et rapporte 10
millions de francs
à Médecins Sans
Frontières
. Cette même année, elle lance aussi avec
Michel Berger,
Daniel Balavoine
et Richard
Berry
l’opération Action écoles, destinée
à financer des actions éducatives et sanitaires. C’est dans ce
contexte qu’elle se rend au Sénégal, un voyage qui va changer
durablement sa trajectoire.

L’année suivante, elle découvre avec Michel
Berger
l’île de Ngor, ce petit territoire
au large de
Dakar
. La chanteuse la décrit alors pour
Le Parisien comme « Une île encore à l »état
sauvage avec seulement quelques cabanons et des plages
vides ». Le couple y achète une propriété au bord de
l’eau, souvent décrite comme une petite maison jaune
fleurie aux volets verts
, tournée vers l’océan
Atlantique
.

Un endroit simple, entre jardin, animaux et vie discrète

Après la mort de
Michel Berger
en 1992, puis
celle de sa fille Pauline en
1997, ce refuge prend une place encore plus forte.
Dans le livre d’Abdoulaye Diallo, voisin et ami de
la chanteuse, France Gall résume elle-même ce lien
très intime avec l’île : « Nulle part ailleurs, je ne
pourrais rentrer chez moi en trois minutes en pirogue. Nulle part
ailleurs je ne me sentirais aussi tranquille à marcher la nuit dans
le noir. Nulle part ailleurs je ne serais autant en harmonie avec
la nature et ses éléments. »

Sur place, France Gall menait une vie très loin
de l’image de star. Elle marchait pieds nus sur
la plage
, regardait la mer depuis un petit banc de pierre, se
faisait livrer des plats depuis son restaurant No Flaye
Beach
à Dakar, et passait du temps dans
son jardin. Le gardien de la maison, Alassane
Koné
, racontait au Parisien qu’elle
« prenait aussi soin d’animaux qu’elle recueillait, Elle
aimait particulièrement les chatons ». Il ajoutait même,
à propos de son rapport au jardin et au désherbage :
« C’était Madame Propre ».

Que devient la maison de France Gall au
Sénégal aujourd’hui ?

D’après Alassane Samb, habitant de l’île qui
connaissait bien
la chanteuse
, la réponse ne laisse pas de place au doute. À la
question de PurePeople de savoir si la maison a été
abandonnée ou vendue, il répond « Pas du
tout »,
avant de préciser : « La maison
est toujours là et elle n’a pas été vendue. Raphaël, le fils de
France, est même venu y passer quelques jours avec des amis durant
l’été 2023. Le Sénégal, c’était le pays de sa
mère ».

À Ngor, elle cherchait moins le décor de carte
postale que la qualité des liens humains. Des
habitants racontent qu’elle aidait les artistes du
coin
, soutenait le commerce local et avait même participé
à la création de classes pour l’école maternelle du

village
.
Le refuge sénégalais n’était donc pas
seulement une maison face à la mer, c’était aussi un lieu
de vie ancré dans une relation durable
avec l’île et ses
habitants.