Les informations à retenir
Diplomatie climatique : la France veut une nouvelle approche
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Paris fait pression sur la Commission afin que les aides européennes consacrées à la décarbonation de l’Inde soient conditionnées à la publication de sa nouvelle feuille de route climatique.
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Une nouvelle approche de la diplomatie climatique qualifiée de « transactionnelle ».
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Mais pas sûr que l’Inde et la Chine souscrivent à la méthode.
Ceux qui connaissent Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, savent qu’elle n’a pas peur d’être directe. Lors d’une interview accordée à l’AFP cette semaine, l’ancienne haute cadre de l’ONU a appelé la Commission européenne à se montrer beaucoup plus ferme sur les conditions d’octroi de l’aide climatique de l’UE, qui représente un quart de l’enveloppe mondiale, selon l’OCDE.
« Sur la finance climat, le message de certains pays émergents se résume à « payez et circulez, il n’y a rien à voir » », s’est-elle offusquée auprès de l’Agence France-Presse.
Le problème, selon Monique Barbut, tient au fait qu’un certain nombre de pays récipiendaires de cette aide n’ont pas remis à l’ONU leurs nouvelles « contributions déterminées au niveau national » (« NDC »), soit les feuilles de route climatiques dans lesquelles sont inscrits leurs objectifs de baisse d’émissions. Il y aurait aujourd’hui plus de 60 pays dans ce cas.
Ces NDC sont censées être obligatoirement mises à jour tous les cinq ans, dans le cadre de l’accord de Paris de 2015. Le dernier délai a été fixé à novembre dernier, lors de la COP30 au Brésil.
L’Inde dans le viseur de la France
Pour Monique Barbut, le cas de l’Inde, troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, est illustratif. Jeudi de la semaine dernière, lors d’une réunion entre représentants des États européens, « nous avons appris qu’une partie de l’accord commercial entre l’UE et l’Inde prévoyait 500 millions d’euros à l’Inde pour la décarbonation », a expliqué la ministre.