Et deux de plus ! Début mars, la start-up Pasqal est devenue la première licorne française du quantique, en obtenant 340 millions d’euros de financement supplémentaires, ce qui lui permet d’être valorisée à plus de deux milliards d’euros. Moins d’une semaine plus tard, c’est AMI Labs (Advanced Machine Intelligence Labs), la start-up cofondée par le prix Turing Yann Le Cun, qui a levé 890 millions pour atteindre une valorisation à 3 milliards d’euros. Des chiffres vertigineux qui permettent aux deux pépites tricolores d’entrer dans le très select club des « licornes », ces start-ups valorisées à au moins un milliard de dollars (868 millions d’euros).
En France, elles rejoignent un enclos déjà riche de trente autres licornes, comme la plateforme de rendez-vous médicaux Doctolib ou encore celle de covoiturage Blablacar. Mais comment ce chiffre de 30 licornes situe la « French tech » par rapport aux autres pays dans le monde ? Il est possible d’établir un classement, grâce au « traqueur de licornes » de la base de données de CB Insights. Il en recense 1331 dans le monde, pour une valeur cumulée de plus de 5600 milliards de dollars.
Dans le top 10 mondial des pays comptant le plus de licornes, la France occupe une très honorable sixième position. En réduisant la focale à l’Europe, elle se place à la troisème place derrière derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Et en resserant à l’UE, elle décroche la médaille d’Argent derrière L’Allemagne. Au niveau planétaire, les Etats-Unis écrasent la concurrence, très loin devant la Chine et l’Inde. En refaisant ce classement en fonction du PIB de chaque pays, on peut observer que la France recule à la septième place.
A noter que la dernière mise à jour de la liste par CB Insights remonte à la mi-février 2026, soit avant les levées de fonds de Pasqal et AMI en mars. Ces deux licornes supplémentaires ne changent néanmoins pas la position de la France dans ce classement, même si elles lui permettent de se rapprocher de l’Allemagne et de distancer Israël.
Par ailleurs, la comptabilisation des licornes peut varier selon les critères utilisés. Certaines classifications n’y incluent pas les entreprises fondées en mode « bootstrap », c’est-à-dire sans levée de fonds. Et comme la définition même d’une start-up étant une nouvelle entreprise à fort potentiel, est-ce que les vieilles licornes comme la plateforme de commerce en ligne française Veepee, fondée dès 2001, peuvent encore être considérées comme telles ?
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CB Insights prend toutes ces entreprises en compte. Par contre, pour qu’une licorne soit considérée française par sa base de données, il faut que son siège social soit situé en France. Ce qui exclut par exemple Hugging Face, la pépite franco-américaine de l’IA basée à New York.
Le classement diffère si on ramène le nombre de licornes à la population du pays. Parmi les états qui en comptent au moins 10, la France se classe septième. Elle dépasse l’Allemagne, mais se fait supplanter par les Pays-Bas et le Canada. L’Inde, le Brésil et la Chine s’effondrent, quand Singapour et Israël atteignent les sommets, avec plus de 2 licornes par million d’habitants. Les Etats-Unis, malgré leur forte population, accueillent suffisamment de licornes pour rester bien placés.
Pour aller plus loin, on peut aussi comparer le nombre de « décacornes », valorisée à plus de 10 milliards d’euros. Le nombre de pays qui en comptent se réduit drastiquement : ils sont dix, dont six à n’en compter qu’une seule, comme la France avec MistralAI, valorisée à plus de 13 milliards. L’Italie, la Finlande et les Seychelles, absentes du top des pays avec le plus de licornes, apparaissent ici grâce à leurs « décacornes » respectives Bending Spoons, Oura, et KuCoin.
Seulement quatre pays accueillent plusieurs « décacornes », avec 2 pour l’Allemagne, 3 pour le Royaume-Uni, 10 pour la Chine, et 46 pour les États-Unis. Si l’on se penche même sur les « hectocornes », valorisées à plus de 100 milliards, il n’en reste presque plus qu’aux Etats-Unis, comme OpenAI, SpaceX ou Anthropic. La seule exception est chinoise, avec ByteDance, la maison mère du réseau social TikTok.
Encore une fois, tous ces classement ont été réalisées selon les critères de CB Insights, et la valorisation exacte de toutes ces entreprises, donc leur statut de « décacornes » ou « hectocornes », peut faire débat. Ces classements de pays servent donc simplement à donner une idée de la place de l’écosystème de start-ups français dans le monde.