Premier rendez-vous de la série de débats de l’entre-deux tours organisés par la rédaction de Midi Libre, le plateau du mercredi 18 mars a réuni trois des quatre qualifiés du premier dimanche d’élections : Frédéric Lafforgue (21,10 %), Richard Corvaisier (17,71 %) et Najate Haïe (15,20 %). Sans Julien Miro (39,65 %) qui a décliné la proposition.

Dans la roue des débats d’avant-premier tour, Midi Libre organise plusieurs rendez-vous avec les candidats qualifiés pour le second tour des élections municipales. Dans un format différent, ces échanges au siège de notre titre, à Saint-Jean-de-Védas, sont retransmis en direct – et disponible en replay – sur la chaîne YouTube de la rédaction (1). Les candidats de Montpellier, Lunel ou Sète sont ainsi attendus sur le plateau du Mas de Grille, où ceux de Castelnau-le-Lez ont ouvert le bal, le mercredi 18 mars.

Dans la 2e commune de la Métropole (26 000 habitants ; 17 950 électeurs), le scrutin de dimanche dernier a débouché sur une surprise : l’opposant Julien Miro (DVD), avec 39,65 % des suffrages, finit devant le maire sortant Frédéric Lafforgue (DVD) qui totalise 21,10 % des voix, devant l’autre opposant Richard Corvaisier (DVG) à 17,71 % et la socialiste Najate Haïe à 15,20 %. Quant à Jean-François Vendrell (DVD), avec 6,33 % des votes, il ne passera pas le cap du 15 mars.

Le débat castelnauvien de ce mercredi, animé par Olivier Marino, directeur de la rédaction de Midi Libre, et Edith Lefranc, journaliste, réunit ainsi Frédéric Lafforgue, Richard Corvaisier et Najate Haïe. Manque Julien Miro. Contacté à plusieurs reprises par notre rédaction, le candidat a finalement indiqué dans un communiqué préférer « débattre directement avec les citoyens ».

Le maire sortant Frédéric Lafforgue : "42 % des électeurs ne se sont pas présentés."

Le maire sortant Frédéric Lafforgue : « 42 % des électeurs ne se sont pas présentés. »
Midi Libre – MICHAEL ESDOURRUBAILH

Les absents ayant souvent tort, la décision est largement commentée par les trois candidats présents. À commencer par le maire sortant : « L’ancien adjoint qui se présente a fait une campagne populiste, à la Trump, gronde Frédéric Lafforgue. J’en ai pris plein la gueule. J’aurais aimé avoir Julien Miro en face. D’autant que 42 % des électeurs ne se sont pas présentés. »

« Ce débat était très demandé, poursuit plus calmement Najate Haïe. L’absence de M. Miro est vraiment dommageable pour la démocratie à Castelnau. Plusieurs de ses propositions sont démagogiques, notamment sur le foncier et le parking. Pour ma part, je suis fière de ma campagne et de nos soutiens », confie la candidate socialiste adoubée par Michaël Delafosse.

Richard Corvaisier : "Ces résultats sanctionnent clairement la politique de M. Lafforgue."

Richard Corvaisier : « Ces résultats sanctionnent clairement la politique de M. Lafforgue. »
Midi Libre – MICHAEL ESDOURRUBAILH

« Miro populiste ? Sûrement, reprend Richard Corvaisier. C’est le candidat absent d’un programme caché, qui va remettre en cause les services publics et ne va rien régler aux problèmes de circulation. Reste que ces résultats sanctionnent clairement la politique de M. Lafforgue. »

Un internaute via le chat de YouTube pose la question d’une éventuelle fusion des listes, ici comme à Toulouse. « Nous devons penser aux Castelnauviens et ne pas exclure une partie de la gauche, réagit Richard Corvaisier. Mais la section locale du PS refuse tout rapprochement, je le regrette. On mélange ici des choix nationaux avec l’intérêt des Castelnauviens. »

Pas de rapprochement entre Richard Corvaisier et Najate Haïe

« Notre position est toujours la même, répond Najate Haïe. Ce rapprochement était possible avec vous, M. Corvaisier, et vos colistiers EELV ou PCF. Mais pas avec les Insoumis de LFI. »

Najate Haïe : "L’absence de M. Miro est vraiment dommageable pour la démocratie à Castelnau."

Najate Haïe : « L’absence de M. Miro est vraiment dommageable pour la démocratie à Castelnau. »
Midi Libre – MICHAEL ESDOURRUBAILH

Parmi de nombreux sujets évoqués, la proposition de Julien Miro de réduire la taxe foncière de 20 % sur le mandat fait beaucoup réagir les candidats. « Il aurait pu ici nous expliquer comment il va s’y prendre, bondit Frédéric Lafforgue. Le budget 2026 a pris 1,6 M€ dans les gencives avec la taxe Dilico (« Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités » imposé aux communes par la loi de finances. NDLR), après 700 K€ déjà ponctionnés en octobre 2025, plus 300 K€ de la loi SRU, en raison du nombre de logements sociaux insuffisant. Il faut passer 100 % d’Eurêka en logement social ? »Gratuité de la cantine, vidéosurveillance, parking, urbanisme ; clinique du Parc, avenir de Sablassou : l’heure d’antenne était largement dépassée au moment de passer le relais pour le débat melgorien.

Retrouvez l’intégralité du débat sur la chaîne YouTube de Midi Libre.

Les trois mesures phares des candidats

En fin de débat, la question était posée aux trois candidats de savoir, parmi d’épais programmes, quelles sont leurs trois mesures phares.

Pour Frédéric Lafforgue, « tout d’abord la sécurité, avec notamment l’acquisition des Arcades et l’évolution du Centre de supervision urbaine. Puis la santé et le dossier de la clinique du Parc, premier employeur de Castelnau. Et enfin le projet de la Maison « Pouvoir d’achat » avec, entre autres, la mutuelle communale. »

Pour Richard Corvaisier, « notre priorité est de remettre les Castelnauviens au centre, avec des conseils de quartiers. Puis la préservation du patrimoine naturel et la végétalisation massive de Castelnau, via aussi le travail sur les mobilités et le rejet du trafic de transit. Enfin, le social, avec la gratuité de la cantine ou le « Chèque Sport Culture » de 100 €, sous conditions de ressources. »

Pour Najate Haïe, « l’éducation est notre priorité, pour environ 2 000 enfants scolarisés. Puis des assises de l’agriculture, pour préserver toutes les terres de notre territoire, avec aussi la question de la passerelle piétonne au-dessus du Lez. Et enfin, une vraie politique de sécurité, au niveau métropolitain, en créant ce conseil local de prévention de la délinquance, ou encore avec un policier de terrain pour 1 000 habitants. »