l’essentiel
La conception et la construction du porte-avions « La Frane Libre » mobilisera près de 400 entreprises dans toute la France. Deux entreprises d’Occitanie ont déjà décroché les premiers contrats.

Construire le nouveau porte-avions français nécessitera un investissement de dix milliards d’euros, dont 4 à 5 milliards pour le développement et les études et cinq milliards pour la construction. Le projet s’étire sur près de vingt ans et embarque près de 400 entreprises pour sa réalisation. Deux entreprises sont déjà montées à bord. La première, c’est une PME du Lot située à Saint-Céré, qui est un constructeur de machines-outils sur mesure.

RGI France, qui emploie quarante salariés dans le nord du Lot et réalise 15 M€ d’activité en 2025, a remporté une commande de 2,4 M€ pour trois machines (+3 en option). Elles sont capables d’usiner des pièces de grandes dimensions qui seront montées sur le « France Libre ». « Nous avons conçu ces machines dans notre bureau d’études intégré et venons de terminer la fabrication du premier exemplaire. Elles seront capables d’usiner des pièces de huit mètres à seize mètres d’envergure », détaille Éric Lachat, le directeur général. La première machine-outil entrera prochainement en service chez Naval Group à Cherbourg. La seule limite de RGI France reste le casse-tête pour recruter alors que l’entreprise croule sous les commandes pour de grands groupes comme Michelin.

Des contrats très long terme

La seconde entreprise déjà retenue par Naval Group est une ancienne filiale d’Airbus basée à Toulouse. Baptisée Cimpa, elle fait partie du groupe Sopra Steria depuis 2015 et s’est vue sélectionner pour fournir sa solution logicielle qui permet de gérer le cycle de vie du nouveau porte-avions. De sa conception à sa construction, en passant par son exploitation en mer, sa maintenance et même, in fine, sa déconstruction, « nous permettons de suivre le navire tout au long de sa vie ».

Cette numérisation permet par exemple d’intervenir lors des opérations de maintenance ou de changement de pièces à bord. Une vingtaine de personnes de Cimpa sont mobilisées depuis 2021, « mais l’équipe sera appelée à grandir au fur et à mesure de l’avancement du chantier dans ce contrat très long terme », détaille Xavier Legaud, en charge du secteur Défense. Le montant de ce contrat n’a pas été dévoilé.