En cette période plus que troublée où conflits internationaux, crises politiques, écologiques ou sociales monopolisent tous les médias et les esprits, que vaut encore la parole des écrivains, des inventeurs de récits et des poètes ? Beaucoup, si ce n’est tout, semble vouloir dire Alain Mabanckou dans son avant-propos au 14e festival Atlantide qui se tiendra du 19 au 22 2026 mars au Lieu Unique et à Nantes. À en croire l’écrivain franco-congolais, directeur artistique de l’événement, les urgences du temps nous commanderaient d’être plus attentifs que jamais à la parole intimiste et engagée des écrivains qui sont visiblement, à ses yeux, les témoins privilégiés du moment. Par leurs visions et leurs sensibilités ils nous aident, sinon à trouver les bonnes réponses, du moins à nous poser les bonnes questions. D’où notre volonté, plus que jamais réaffirmée de défendre, sous toutes ses formes, la création littéraire, la liberté d’expression et le droit à l’imaginaire.

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80 rendez-vous prévus

Pour ce faire, le festival accueillera, cette année encore, pas moins de 50 auteurs et autrices venus, plus de 20 nationalités seront représentées, des quatre coins du monde. Talents confirmés ou émergents, ces plumes reconnues ou en devenir s’adresseront aux lecteurs à la faveur des 80 rendez-vous conviviaux (rencontres, débats sociétaux, lectures, dédicaces) qui rythmeront ces quatre jours. L’occasion pour aborder, avec les auteurs de fictions et essayistes présents, des thématiques aussi cruciales que : désordre et société, identités et mutations ainsi que la question, très actuelle, des passions subversives. Un autre temps fort sera la leçon inaugurale que proposera le romancier Laurent Mauvignier. Durant cette prise de parole intitulée « Je est un nous », l’auteur, prix Goncourt 2025 pour son roman La maison vide, s’interrogera sur la place du collectif dans la fiction. Rêvant d’un roman horizontal il hasardera l’hypothèse d’un récit où la notion même de personnages secondaires n’aurait plus court. On ne manquera pas non plus, le samedi 21 mars, la soirée contre la censure. Organisée en partenariat avec le PEN Club France, la soirée permettra de rencontrer la poétesse et journaliste palestinienne Nour Elassy. L’artiste, aujourd’hui exilée en France, lira certains de ses textes censurés. Nul doute que son saisissant discours sur le destin de Gaza trouvera un relief pour le moins singulier.

Atlantide du 19 au 22 mars (jeudi de 14 h à 18 h, vendredi de 14 h à 20 h 30, samedi de 10 h 30 à 20 h, dimanche de 10 h 30 à 18 h 30) au Lieu Unique ainsi qu’en librairies, en maisons de quartier et en médiathèques. Infos : atlantide-festival.org Entrée libre