Face à l’Union Bordeaux-Bègles, Romain Ntamack devrait faire son grand retour à la compétition, plus de deux mois après son dernier match. Pour son premier match de l’année, il aura face à lui l’UBB d’un certain Matthieu Jalibert.

Deux mois et demi plus tard, Romain Ntamack va rechausser les crampons. Depuis le 28 décembre dernier – jour de sa dernière sortie avec Toulouse contre La Rochelle – l’ouvreur international ronge son frein. Dans un premier temps touché à un rein, le retour du numéro 10 était attendu à la mi-février. Certains espéraient le voir terminer le Tournoi des 6 Nations avec les Bleus. Raté. Le Toulousain a rechuté. Cette fois, ce fut un souci musculaire qui a retardé son retour. Un enchaînement de pépins physiques venus noircir le tableau pour le triple champion de France en titre. « Ces ennuis sont arrivés au plus mauvais des moments, avoue Yoann Huget. Il a été auteur d’un très bon début de saison mais s’est blessé sur un des derniers matchs avant le premier rassemblement du XV de France… Forcément, on peut parler de malchance. Surtout que sa première blessure n’a pas été très évidente à gérer puisqu’elle n’est pas courante. » 

À première vue, difficile de retenir du positif d’une telle période. Pourtant, c’est possible : « Quand on est sur le front, on a la tête dans le guidon, poursuit Huget. Ces moments d’absence permettent d’optimiser son temps pour tenter de progresser sur certains points et travailler d’autres secteurs. Je n’ai aucun doute que Romain sait « profiter » de ces semaines loin du terrain pour évoluer dans le bon sens. Néanmoins, avoir été privé du Tournoi a dû lui apporter une certaine frustration. C’est humain. Tous les compétiteurs réagissent de la même manière. »

« Les critiques lui glissent dessus »

Qu’il soit sur le terrain ou dans les tribunes, Romain Ntamack fait partie de ces joueurs qui font réagir. Chaque geste est scruté. Chaque prestation décortiquée. Ce dimanche soir, face à l’UBB, l’homme se sait attendu. Pas de quoi lui faire trembler les jambes, a priori : « Les critiques lui glissent dessus. Depuis tout petit, avec son nom, Romain ne passe pas inaperçu. Désormais, son expérience parle pour lui, et son palmarès aussi. Je ne suis pas inquiet. La pression, il sait la gérer. » 

Comme un joli geste du destin, « NTK » aura face à lui Matthieu Jalibert pour son premier match de l’année 2026. Un duel aussi excitant que clivant : « Je trouve que c’est anecdotique, tempère Huget. Ils sont habitués à se jouer. Les deux dernières finales de championnat, la demie de Champions Cup… Comme dans tous les sports, il faut des rivalités pour avancer. Celle-ci est bénéfique pour le Top 14 mais aussi l’équipe de France. Il faut s’en réjouir et ne pas la rencontre malsaine. Les deux joueurs sont assez intelligents pour passer au-dessus de tout ça. » Incontestablement, l’affrontement entre les deux meilleurs ouvreurs tricolores fera (encore) réagir.

Paré pour la dernière ligne droite

La deuxième partie d’exercice du Stade toulousain débute en Gironde. Celle qui va être animée par l’envie de tout rafler, comme toujours. Le top 2 doit être assuré en championnat. La phase éliminatoire de Champions Cup doit elle aussi être parfaitement négociée. Pour arriver à ses fins, le staff rouge et noir espère pouvoir compter sur un grand Romain Ntamack. Première étape ce dimanche soir.

« Il faut reprendre des sensations, pense l’ancien ailier du XV de France. Le Tournoi est derrière lui. Il faut regarder devant avec Toulouse pour terminer de la plus belle des manières cette saison. Sans un grand Ntamack, c’est beaucoup plus tard d’atteindre tous ses objectifs. » Sur la pelouse du Stade Atlantique, Romain Ntamack va vivre le premier jour du reste de sa saison. Espérons pour lui qu’elle se termine comme les trois dernières : avec au moins un trophée entre les doigts.