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Plusieurs ressortissants français ont été arrêtés à Dubaï pour avoir filmé des frappes sur le pays selon RMC. Une pratique interdite, dans un contexte de guerre régionale. Alors que le conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël ne ralentit pas, ces images, jugées sensibles pour la sécurité nationale, et leur diffusion en ligne, exposent leurs auteurs à de lourdes sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

Plusieurs Français ont été interpellés à Dubaï pour avoir filmé des interceptions de missiles, rapporte RMC-BFMTV ce jeudi 19 mars. Une pratique strictement interdite par les Émirats arabes unis toute comme la diffusion des images sur les réseaux sociaux.

Le Consulat général de France à Dubaï assure actuellement le suivi de plusieurs ressortissants français arrêtés dans l’émirat. Ces interpellations interviennent dans un contexte de guerre régionale déclenchée par les Etats-Unis et Israël en Iran. Le conflit est marqué par des frappes iraniennes visant l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Selon les informations de RMC, les autorités locales soupçonnent les personnes arrêtées d’avoir filmé des explosions liées à des interceptions de drones ou de missiles, des actes proscrits depuis le début du conflit. Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, a confirmé que le ministère des Affaires étrangères est en contact permanent avec les détenus et leurs avocats.

3 Français arrêtés à Dubaï pour avoir filmé des attaques iraniennes: « Ils bénéficient de la protection consulaire », explique Maud Bregeon pic.twitter.com/VDy4WGqF16

— RMC (@RMCInfo) March 19, 2026

Jusqu’à deux ans de prison et 50 000 euros d’amende

Soucieux de préserver leur image de marque, les Émirats arabes unis interdisent formellement de filmer ou de publier sur les réseaux sociaux des images du ciel traversé par des projectiles. Cette interdiction s’applique même lorsque les engins sont interceptés par la défense aérienne. Les contrevenants s’exposent à de graves accusations de « menace pour la sécurité nationale et cybercriminalité. »

Le cadre législatif émirati prévoit des peines particulièrement lourdes pour ce type d’infraction. Les personnes reconnues coupables risquent jusqu’à deux ans de prison et une amende s’élevant à 50 000 euros.

Des restrictions dans plusieurs pays

Les Emirats ne sont pas le seul Etat à surveiller les images diffusées en ligne. L’ensemble des monarchies du Golfe a renforcé ses contrôles. 300 personnes ont été arrêtées au Qatar pour publication et partage d’images et d’informations « trompeuses », lors des attaques iraniennes, rapporte France 24. Quatre personnes auraient également été arrêtées à Bahrein pour avoir filmé et diffusé des images des attaques iraniennes.

Mais ce sont Israël et l’Iran qui imposent les restrictions les plus strictes aux médias. L’inquiétude principale : que des images révèlent l’emplacement de missiles et de drone ou bien montrent l’interception de projectiles.

L’armée israélienne a ainsi interdit la diffusion en direct de la ligne d’horizon lorsque les alarmes retentissent pour prévenir de l’arrivée de projectiles. Il est également proscrit de montrer l’interception de missiles par les défenses aériennes ou même de filmer les dégâts sur des sites sécuritaires. Des restrictions qui entravent la liberté de la presse et le travail des journalistes sur place.