Sophia Chikirou, meilleure alliée de la droite parisienne ? À l’issue du débat d’entre-deux-tours ce mercredi 18 mars opposant la candidate LFI à Emmanuel Grégoire (PS) et Rachida Dati (LR), des proches de l’ancienne ministre de la Culture ont loué la performance de la parlementaire Insoumise.
« Avec Sophia Chikirou, nous ne sommes d’accord sur rien mais au moins on peut débattre parce qu’il y a des propositions », a ainsi écrit sur X Agnès Evren, sénatrice de Paris et en cinquième position sur la liste de Rachida Dati. « Dangereuses, radicales, mais il y a quelque chose. Emmanuel Grégoire, il n’y a rien. Sur tout : la sécurité, la propreté, la protection de l’enfance, la dette… » a-t-elle ajouté.
Avec Sophia Chikirou, nous ne sommes d’accord sur rien mais au moins on peut débattre parce qu’il y a des propositions. Dangeureuses, radicales, mais il y a quelque chose. Emmanuel Grégoire, il n’y’a rien. Sur tout : la sécurité, la propreté, la protection de l’enfance, la…
— Agnes Evren (@AgnesEvren) March 18, 2026
Une publication relayée par la fédération parisienne des Républicains, mais aussi Thierry Guerrier (candidat LR dans le XVIIIe arrondissement), Charles Flobert, (sur la liste LR de Jean-Pierre Lecoq dans le VIe) ou encore Ali Oubaali (sur la liste LR de Jérémy Redler dans le XVIe).
« Il y a une incarnation, des propositions »
Amine El Khatmi, en position éligible sur la liste de Rachida Dati en cas de victoire, loue quant à lui le « panache » et « l’incarnation » de Sophia Chikirou.
J’ai les plus grands désaccords du monde avec Sophia Chikirou mais il y a un panache, une incarnation, des propositions (certes lamentables) mais face à elle se trouve le néant d’un candidat sortant qui n’assume ni son bilan, ni son projet. Je plains les électeurs de gauche !
— Amine El-Khatmi (@Aminelkhatmi) March 18, 2026
« J’ai les plus grands désaccords du monde avec Sophia Chikirou mais il y a un panache, une incarnation, des propositions (certes lamentables) mais face à elle se trouve le néant d’un candidat sortant qui n’assume ni son bilan, ni son projet », écrit l’ancien président et cofondateur du Printemps républicain.
La France insoumise serait-elle devenue fréquentable pour la droite parisienne, à l’approche du second tour des municipales ? Plusieurs responsables de gauche y voient une manière d’affaiblir la candidature d’Emmanuel Grégoire, qui se retrouve de facto concurrencé par Sophia Chikirou.
« La droite l’encense comme la révélation du débat (…) C’est une façon pour eux de faire campagne pour Dati. L’ex-sarkozyste (Chikirou a été brièvement membre en 2007 du parti fondé par Jean-Marie Bockel, alors allié à Nicolas Sarkozy) retrouve ainsi ses anciennes amours… », dit auprès de Libération Lamia El Aaraje, porte-parole du candidat socialiste et première secrétaire du PS parisien.
Faire monter Chikirou pour faire perdre Grégoire ?
« Ce sont des petites techniques pour essayer de donner un bonus à la candidate de gauche qui ne peut pas gagner à l’encontre du candidat de gauche qui peut gagner », abonde l’écologiste David Cormand.
Emmanuel Grégoire est arrivé largement en tête dimanche avec 38 % des suffrages, loin devant Sophia Chikirou (12 %), qui a décidé de se maintenir au second tour. Rachida Dati, en deuxième position avec 25 %, a fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel (11 %) et devrait profiter du retrait de Sarah Knafo (10 %), ce qui rend incertaine l’issue de cette triangulaire.
Lors du débat, Sophia Chikirou n’a pas hésité à critiquer le bilan socialiste à la mairie de Paris, tout en disant ne pas souhaiter une victoire de Rachida Dati. Reste que l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo s’est parfois retrouvé comme cible commune de l’Insoumise et de la candidate de droite et du centre. Emmanuel Grégoire a ainsi dénoncé leur « obsession à (lui) cogner dessus très très fort ».
« Pauvre chochotte. C’est une victime », a répondu Rachida Dati, avant que Sophia Chikirou ne lance : « Mais on dirait une victime ». Une séquence devenue virale sur les réseaux sociaux.
Emmanuel Grégoire a mis en garde les électeurs de gauche : « Toute voix qui ne se portera pas sur l’union PS et des écologistes reviendra à voter Rachida Dati. »