La dernière découverte a été réalisée près de l’école primaire Joséphine-Baker, dans l’est de Dijon. Les archéologues y ont mis au jour un squelette remarquablement conservé, installé au fond d’une fosse d’environ un mètre de diamètre. Le corps se trouvait en position assise, les mains posées sur les genoux, le dos appuyé contre la paroi orientale de la tombe et le regard tourné vers l’ouest.

Ce squelette rejoint plusieurs découvertes similaires réalisées récemment sur le même site. Quatre autres individus, enterrés de manière comparable, ont été exhumés au début du mois. L’an dernier déjà, 13 squelettes avaient été retrouvés à une vingtaine de mètres de là. Tous semblent dater d’une période comprise entre 300 et 200 avant notre ère, à l’époque gauloise.

Un alignement de fosses possédant chacune un individu gaulois en position assise a été retrouvé lors de fouilles à Dijon. © Hervé Laganier, Inrap 

Tags :
sciences


Étrange découverte en plein cœur de Dijon de 13 Gaulois enterrés dans une posture inhabituelle

Lire l’article

En incluant des fouilles menées en 1992, près d’une vingtaine de tombes de Gaulois enterrés en position assise ont été recensées dans ce secteur restreint du centre de Dijon. À l’échelle mondiale, environ 75 sépultures de ce type sont connues, ce qui fait de Dijon l’un des principaux lieux de découverte de ces pratiques funéraires. Des exemples similaires ont également été signalés en France, en Suisse et au Royaume-Uni.

Un site majeur pour comprendre les Gaulois

Les fouilles archéologiques menées depuis une trentaine d’années ont révélé que Dijon occupait autrefois une place importante dans le monde gaulois. Ce peuple celte, apparu vers le Ve siècle avant notre ère, s’étendait sur de vastes territoires correspondant aujourd’hui à la France, la Belgique, la Suisse et plus à l’est.

Malgré leur présence étendue, les connaissances sur les Gaulois restent limitées. Les principales sources écrites proviennent souvent d’auteurs extérieurs, notamment Jules César, qui conquit la Gaule en 50 avant Jésus-Christ, et dont les récits peuvent être biaisés.

Pour Régis Labeaune, chercheur à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), ces découvertes sont particulièrement marquantes. « Vu le nombre et la qualité de ces sépultures, on peut affirmer qu’il existait une importante implantation gauloise à Dijon », a-t-il indiqué à l’AFP.

Une énigme archéologique toujours sans réponse

Malgré l’abondance des découvertes, la raison de ces enterrements en position assise reste mystérieuse. Les chercheurs ignorent encore si cette posture reflète un statut particulier, une forme de punition ou un rituel spécifique.

Certains indices soulèvent d’autres interrogations. Cinq des corps présentent des traces de violence, dont l’un porte une blessure mortelle au crâne. Les sépultures sont également presque dépourvues d’objets : seul un bracelet a été retrouvé, permettant de confirmer la datation gauloise.

Pendant plus de 80 ans, ce squelette a gardé le silence jusqu’à ce que des indices microscopiques révèlent une fin aussi brutale qu’inattendue. © ho visto nina volare from Italy, Wikipedia

Tags :
sciences


Ce qu’a vécu cet adolescent il y a 28 000 ans bouleverse les chercheurs

Lire l’article

Les individus identifiés sont tous des hommes mesurant entre 1,62 et 1,82 mètre, à l’exception d’un enfant découvert lors de fouilles plus anciennes. L’étude de leurs restes apporte quelques informations sur leur mode de vie : leurs dents sont remarquablement bien conservées, probablement en raison d’une alimentation pauvre en sucre. Leurs os montrent en revanche des traces d’arthrose, signe d’une activité physique intense, notamment au niveau des jambes.

Malgré ces éléments, les archéologues restent prudents. « Nous n’avons pas d’hypothèse privilégiée », explique l’archéo-anthropologue Annamaria Latron, également membre de l’Inrap. Selon elle, l’absence de la couche supérieure qui recouvrait autrefois les tombes empêche pour l’instant de comprendre pleinement le contexte de ces sépultures. « Être archéologue peut parfois être très frustrant », reconnaît-elle.