L’humoriste a publié une lettre ouverte dans Le Point après avoir été prise à partie par la chroniqueuse Julie Conti dans «La Bande Originale», sous les rires de tout le plateau.

«Cette accusation a déjà fait couler beaucoup de sang», estime Sophia Aram  dans un long texte publié ce mercredi dans Le Point en invoquant l’attentat contre Charlie Hebdo de 2015. L’humoriste de France Inter s’adresse à son confrère Nagui  et dénonce avoir été prise à partie à l’antenne.

Jeudi 12 mars, dans une chronique intitulée Les pois chiches avant les musulmans, diffusée dans «La Bande Originale», Julie Conti s’en est pris à Sophia Aram à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’islamophobie : «Je ne suis ni musulman, ni islamophobe, donc pour avoir une vraie expertise sur le thème, j’ai écrit cette chronique avec Yacine, mon pote humoriste musulman, et j’aurais bien voulu avoir aussi l’avis d’un humoriste islamophobe, mais Sophia Aram passe que le lundi sur Inter… C’est dommage.» Le plateau de la radio du service public est hilare.


Passer la publicité

«Une accusation grave», déclare Sophia Aram dans sa lettre ouverte avant d’ajouter en direction de Nagui qui anime et produit l’émission : «Un rappel pénible, mais nécessaire, dans la mesure où je ne peux distinguer, dans les accusations de la chroniqueuse de ton émission – ni dans la jubilation qu’elles ont provoquée chez toi –, ce qui relève de la fausse naïveté ou de la haine assumée à mon égard».

Tu as choisi, en tant que producteur, de te joindre à cette meute

Sophia Aram à Nagui

L’humoriste qui officie chaque lundi dans la matinale de France Inter évoque ensuite le souvenir d’une chronique passée, cette fois-ci de Charline Vanhoenacker, ironisant sur la fortune de Nagui. «Pour avoir discuté avec toi de l’humiliation que tu disais avoir ressenti (…) aucun doute n’est donc permis sur ta responsabilité, ni sur ton adhésion consciente et joyeuse à des accusations aux conséquences potentiellement bien plus graves que les moqueries dont tu te plaignais», argumente Sophia Aram.

Nagui : «Je n’imaginais pas que “Taratata” puisse durer si longtemps»

«Le harcèlement entre collègues et l’accusation d’islamophobie font partie ou non d’une ligne éditoriale que tu tolères en tant que producteur ?», interroge Sophia Aram qui se dit «blessée par quelqu’un qu’elle connaît depuis plus de vingt ans». «Tu as choisi, en tant que producteur, de te joindre à cette meute», conclut-elle. Dans son texte, elle souligne également les «éléments de langage de La France Insoumise» employés par Julie Conti, assurant toutefois que «chacun est libre d’exprimer ses convictions» sans pour autant «la désigner à la vindicte publique».

Les excuses de Nagui

C’est sur les réseaux sociaux que Nagui a répondu à sa consœur. L’animateur et producteur assure «ne pas cautionner cette vanne» et ni vouloir lui «planter une cible dans le dos». «Immédiatement après la séquence j’ai voulu te parler, mais tu n’as pas donné suite à mes SMS. Depuis 12 ans que je suis à Inter, on m’explique qu’il y a une liberté totale de tons sur tous les sujets, que l’ADN d’Inter est cet humour libre, cette autodérision et la liberté d’expression. Comme tu l’as écrit j’en ai été personnellement l’objet et je te comprends totalement», poursuit-il en story sur son compte Instagram.

Nagui rappelle que dans son émission «tous les humoristes sont libres de leur sujet» et qu’il ne relit pas leur texte «certain de la diversité des angles, des opinions et du style des vannes». Il présente ensuite ses excuses et nie toute «jubilation», ni «haine à son égard».