Le 15 juillet dernier, un cambrioleur récidiviste s’est introduit dans le Carrefour Express rue Lamartine à Nice, avant d’être maîtrisé par les commerçants eux-mêmes. Dans Points de Vue, Martine Teyssère livre le récit de cette soirée.
«Il m’a foncé dessus et m’a frappée», témoigne Marine Teyssère au micro de Points de Vue sur Le Figaro TV. Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2025, un cambrioleur récidiviste – «il avait déjà dévalisé une autre boutique de la ville», précise la commerçante – s’est introduit dans la Carrefour Express rue Lamartine. Et il ne s’attendait pas à être cueilli par les gérants eux-mêmes.
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La vidéosurveillance, grand enjeu de ces élections municipales à Nice qui est la première ville de France dans le domaine – Christian Estrosi a proposé d’atteindre les 10 000 caméras dans la ville – a grandement joué dans cette affaire. «Les appareils à l’intérieur et à l’extérieur du magasin ont permis de comprendre qu’il y avait des vols et déjà deux intrusions. On s’est dit : «Pourquoi pas trois». Et ça n’a pas loupé», raconte Marine Teyssère.
Alors, avec son conjoint et une salariée, elle décide de tendre une embuscade au voleur : «On a fermé comme d’habitude, mais on s’est installés en réserve. Sauf qu’au bout d’un moment, le temps semblait long. J’ai décidé d’aller chercher une pizza vers vingt-trois heures trente et c’est le moment que le cambrioleur a choisi pour entrer dans la boutique». S’en est suivi alors un corps à corps entre la gérante et l’individu, avant que son mari n’arrive pour le maîtriser, puis que la salariée appelle la police.
Les forces de l’ordre avaient d’ailleurs été mises au courant des deux dernières intrusions, mais également du projet du couple de gérants : «On a vraiment voulu respecter le cadre légal, on les a prévenues avant toute intervention. C’était une «arrestation citoyenne», si on peut appeler ça comme ça».
On avait très peur que ça se retourne contre nous
Marine Teyssère – Commerçante à Nice
Des précautions prises car «ce genre de situation ne finit pas toujours bien pour les commerçants», relève Marine Teyssère. Si elle se réjouit que cette fois, «la justice ait été de notre côté», elle déplore le fait que «ce ne soit pas toujours le cas». «On avait très peur que ça se retourne contre nous, comme je l’ai déjà vu parfois. On s’est beaucoup renseignés sur la légitime défense notamment. Par exemple, le premier coup n’a pas été porté par nous, c’est très important. Il faut aussi être à «armes égales». Donc on avait prévu un bâton au cas où il aurait été armé. Mais quand on a vu qu’il ne l’était pas, on n’a rien pris avec nous», explique la gérante du Carrefour Express.
Le délinquant récidiviste était passé en comparution immédiate et avait été condamné à un an d’emprisonnement et une interdiction définitive du territoire français.