À travers une sélection de trente photographies, l’exposition All Inclusive, Regards croisés sur le tourisme mondialisé invite le public à plonger dans l’univers sensible, coloré et cinématographique de Kourtney Roy, découverte notamment aux Rencontres d’Arles en 2025. Plages parfaites, hôtels glamour, ciels sans nuages : l’artiste revisite les images idéalisées du tourisme contemporain pour mieux en révéler les ambivalences. Ses mises en scène, autant séduisantes que troublantes, confrontent le rêve des vacances à une réalité plus complexe. En résonance, la Cité de l’Économie propose une lecture économique du tourisme mondialisé pour décrypter ses enjeux contemporains comme les inégalités sociales, l’impact environnemental, le poids des stratégies marketing et la transformation des territoires, comme l’explique Vida Konikovic, directrice de la Cité de l’Économie à Paris :
« Avec une esthétique très construite et cinématographique, Kourtney Roy met en scène un imaginaire du tourisme qui oscille entre glamour et artificialité, avec beaucoup d’humour. Ceci reflète aussi les tensions qui sont à l’œuvre lorsque l’on est touriste, que l’on voyage, et que l’on rêve de vacances idéales, mais que parfois, l’on rencontre des désillusions et l’on voit le revers du décor. Le tourisme, comme les images de Kourtney Roy, comporte de nombreuses contradictions. Il y est à la fois l’une des forces économiques les plus puissantes du monde et représente à lui seul 10 % du produit intérieur brut mondial. Mais en même temps, c’est un secteur qui connaît beaucoup d’externalités négatives liées à la pollution, au réchauffement climatique, à la mondialisation, aux mobilités et aux technologies. C’est donc vraiment un secteur très riche pour illustrer beaucoup de nos ressentis contemporains et des problématiques actuelles.”
« Chaises Bleues » de Kourtney Roy , 2022 Série “In Between/ Entre Deux Mondes”, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris – © Grande Commande Photojournalisme
L’exposition All Inclusive, Regards croisés sur le tourisme mondialisé de Kourtney Roy est visible jusqu’au 20 septembre 2026 à la Cité de l’Économie à Paris.
Les brèves du jour :
- Un article du journal Actualité alerte sur l’impossibilité de revendre les e-books : en 2023, on comptait douze millions de lecteurs de livre numérique. Alors que l’e-book s’est vendu comme une promesse de fluidité : achat immédiat, stockage infini et accès partout, il est pourtant impossible de le revendre. En bloquant totalement la revente légale, des pratiques informelles émergent : partage de fichiers, comptes mutualisés et revente ou partages illégaux. En jeu, les droits d’auteur des écrivains qui ne sont toujours pas rémunérés en cas de revente. Alors le marché secondaire numérique menace-t-il l’économie du livre ? À l’âge des plateformes, quand aucune revente licite n’existe, comment éviter le contournement illégal ? Des initiatives existent, affaire à suivre.
- Universal veut laisser ses films à l’affiche plus longtemps : alors que les films sont actuellement projetés dix-sept jours en moyenne, la présidente de NBC Universal Entertainment a annoncé qu’à compter du 1er avril 2026, les films de son studio resteront à l’affiche cinq semaines, puis sept en 2027. Historiquement, les films étaient réservés aux projections durant quatre-vingt dix jours avant 2020 mais depuis la pandémie, Universal Studios avait décidé de réduire le temps d’exclusivité. Ce choix de revenir à un temps plus long répond à la demande des propriétaires de cinéma, qui espèrent voir le public se déplacer davantage, sans attendre les diffusions sur les plateformes de streaming ou de vOD. Cette annonce intervient alors que l’industrie cinématographique peine à retrouver ses niveaux de fréquentation d’avant la pandémie.
- Le festival de littérature Atlantide commence demain à Nantes : sous la direction artistique de l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, Atlantide est un festival de littérature qui réunit chaque année une cinquantaine d’auteurs, français et internationaux, qui viennent partager leurs imaginaires et leurs visions, en langue originale. Pour cette quatorzième édition, vingt nationalités seront représentées avec notamment Victor Dekyvère, Karim Kattan et Mirinae Lee, mais aussi David Diop et Laurent Mauvignier. Le festival se tiendra au Lieu Unique et dans la ville de Nantes jusqu’au 22 mars.