Le 15 mars 2026, Artcurial dispersait à
Paris les 333 lots de la collection Fritz Neuser, ex-agent Ferrari
devenu légende des italiennes. Entre Ferrari en vedettes et Alfa,
Sbarro ou microcars, certaines adjudications réservent de vraies
surprises.

Sur le papier, on s’attendait à une orgie de
Ferrari rouges alignées sous les lustres
parisiens. Ce week-end, au Rond-Point des Champs-Élysées,
Artcurial dispersait en effet « The Fritz Neuser
Collection – Passion of a Ferrari Agent », soit la collection d’un
ancien agent Ferrari de Nuremberg, devenue une véritable caverne
d’Ali Baba mécanique. Au programme : pas moins de 333
lots
, dont une trentaine de voitures, le reste étant
composé de vélos, pièces et objets d’automobilia, selon News d »anciennes.

Les 21 Ferrari de la collection Fritz Neuser
concentraient logiquement tous les regards avant la vente. Mais
dans cette vacation largement sans réserve, où chaque lot devait
trouver preneur, les autres italiennes, les prototypes signés
Sbarro, les De Tomaso ou même les microcars ont aussi joué leur
partition. Et là, entre montants costauds et coups à saisir, le
film de la vente ne s’est pas résumé au seul Cavallino

Les Ferrari de Fritz Neuser en vedettes chez Artcurial

Star annoncée et star confirmée : la Ferrari 365 GTB/4
Daytona
de 1970, carrosserie entièrement en aluminium,
teinte Verde Medio d’origine et fameux bandeau perspex des
premières « Dayto ». Entièrement restaurée sous la supervision de
Fritz Neuser, elle était estimée entre 500 000 et 800 000 €. Sous
le marteau, elle s’adjuge 602 000 €, soit le plus gros montant de
la vente et un baromètre très suivi pour ce modèle de 12 cylindres
très recherché.

Derrière, un quatuor de Berlinetta Boxer animait la salle.
La 365 GT4 BB de 1975, l’originelle bleue et la plus
rare
, part à 367 220 € pour une estimation de 350 000 à
450 000 €. La 512 BB de 1981, avec 25 280 km au compteur et
peu de propriétaires
, était annoncée entre 220 000 et 280
000 € et trouve preneur à 222 740 €. Plus contrastées, les
deux BBi : la rouge et noire de 1983
, dotée
d’améliorations techniques, était estimée entre 220 000 et 260 000
€ mais plafonne à 180 600 €, quand la rouge de 1984, entièrement
restaurée et évaluée sur la même base, monte à 216 720 €. Plus
récentes, la Ferrari 456 M GT de 1999, estimée
entre 80 000 et 100 000 €, s’arrête à 78 260 €, tandis que la
575 Superamerica de 2006, 16 000 km et 559 exemplaires au
total
, termine à 355 180 € pour une estimation de 350 000
à 450 000 €. Côté V8, la Dino 308 GT4 de 1975,
entièrement restaurée et attendue entre 60 000 et 80 000 €, est
adjugée 56 588 €, alors que la 308 GTB Vetroresina de
1977
, vendue neuve en France et entretenue chez Gardette,
frôle le haut de sa fourchette en atteignant 176 988 € pour une
estimation de 130 000 à 180 000 €. Et pourtant, les plus belles
histoires de la journée ne portaient pas toutes un cheval
cabré sur le capot
.

Pas seulement des Ferrari : Alfa, Sbarro, De Tomaso et
microcars au rendez-vous

On retrouvait d’abord les racines d’importateur Alfa Romeo de
Fritz Neuser avec une GTAm 2 L de 1970, proche de
l’origine mais avec un moteur refait. Une des autos authentiques,
parmi les 40 produites, estimée entre 200 000 et 300 000 € et
adjugée 201 068 €. Plus atypique, la GT 1300 Junior Zagato
de 1972
, en bel état avec des frais récents, était
attendue entre 45 000 et 65 000 €, mais se contente de 38 528 €.
Plus simple encore, la Giulia 1300 Super de 1971,
avec des travaux récents, affichait une estimation de 15 000 à 25
000 € et se vend 14 448 €. Côté italo-américaines, deux De
Tomaso Pantera
illustraient les débuts et la fin du modèle
: la noire GTS avec kit GT5 de 1973, estimée entre
120 000 et 160 000 €, part à 122 808 €, tandis que la rouge
GT5S de 1988
, seulement deux propriétaires et un superbe
état, grimpe à 198 660 € pour une estimation de 160 000 à 220 000
€.

Plus exotiques, trois créations signées Franco
Sbarro
, toutes achetées par Fritz Neuser à Ludwig Binder,
apportaient une touche de salon de Genève. La Sbarro Brescia Spider
de 1979, qui évoque une Maserati 300S sur base de Fiat 124 avec
moteur BMW, était annoncée entre 150 000 et 250 000 € et se termine
à 126 420 €. L’Alcador roadster, basée sur la Testarossa de Sbarro, au style
issu de l’école Espéra et exposée au salon de Genève 1995, avec
deux autres exemplaires connus, était estimée entre 200 000 et 400
000 € et trouve preneur à 132 440 €. La seconde Alcador, la GTB de
2009, également passée par Genève et posée sur une base de Ferrari
360 Modena à boîte F1, s’alignait entre 180 000 et 260 000 € et
s’adjuge 138 460 €. Enfin, la Fiat-Abarth 2200 Allemano
Spider de 1959
, un élégant cabriolet 6 cylindres
entièrement restauré, sort à 84 280 € pour une fourchette de 80 000
à 140 000 €. Clin d’œil aux débuts de Neuser comme agent
Goggomobil, la microcar TS 250 Coupé, estimée
entre 8 000 et 14 000 €, est vendue 9 030 €, tandis que la
rare Glas 2600 V8 2+2
dessinée par Frua, produite à 666
exemplaires entre 1966 et 1968 et évaluée entre 60 000 et 100 000
€, atteint 60 200 €. De quoi montrer qu’en une seule après-midi,
c’est tout un univers, bien plus vaste que les seules Ferrari, qui
a changé de garage.