Romain Gentil (divers gauche) à Alain Carignon : « On vous a vu proche de personnalités d’extrême droite : Éric Zemmour, Thierry Perez, Valentin Gabriac… Quel est votre positionnement vis-à-vis du Rassemblement national ? »
« Jean-Luc Mélenchon était beaucoup plus proche d’Éric Zemmour que moi. Il assistait à son anniversaire, etc. Quand Éric Zemmour était journaliste au Figaro , nous nous fréquentions tous, tout le monde le connaissait. Ensuite, mes valeurs n’ont jamais changé. J’ai proposé aux Grenoblois un projet. Ce projet, les électeurs du Rassemblement national qui sont des Grenoblois, je les appelle à le voter, comme les électeurs de La France insoumise, de Romain Gentil… Je considère tous ces électeurs comme des Grenoblois à part entière. Je ne méprise personne. Et je ne vais pas jeter le discrédit sur les Grenoblois qui ne votent pas pour moi. Parce que le rôle d’un maire, c’est de concilier, rassembler, regrouper pour faire avancer la ville. »
Valentin Gabriac (RN) à Laurence Ruffin : « Vous proposez de recruter 50 policiers municipaux sans donner le détail. À quoi vont-ils servir ? À gérer les plantes vertes ? »
« Nous mettrons en place une police pour remplacer celle de proximité que M. Sarkozy, l’ami de M. Carignon, a supprimée. Ça serait une police très fortement en lien avec les habitants et les habitantes, à pied ou à vélo, pour créer de la confiance et remonter de l’information à la police nationale. C’est un petit peu ce qui est fait aujourd’hui au Village olympique et qui porte vraiment ses fruits. Notre idée, c’est de le mettre en place à Saint-Bruno, à l’Alma et dans les autres quartiers de la ville, de telle manière à améliorer la sécurité en proximité.
Sur la question de la brigade de logements vacants, l’idée, là, c’est plutôt de dire qu’on a aujourd’hui des Grenoblois qui dorment dehors donc il faut mettre en place une brigade qui identifiera les bâtiments et les logements vides, pour ensuite travailler avec les propriétaires ou travailler avec l’administration, si c’est un bien public, pour mettre ces locaux à disposition des personnes qui sont aujourd’hui sans abri. »
Thomas Simon (Grenoble Alpes Collectif) à Laurence Ruffin : « Face au projet de démantèlement du service public de M. Carignon, que proposez-vous ? »
« C’est vrai, j’ai vu que M. Carignon avait un projet d’austérité. Sur ce sujet-là, nous souhaitons fortement renforcer les services publics, au sens large, parce que nous pensons que c’est aussi une manière de mettre de l’égalité. Sur l’école, qui est notre premier budget, et le périscolaire, on fait la différence dans l’accompagnement des jeunes, dans le fait qu’il n’y ait pas de décrochage, que l’éducation reste un élément majeur dans la société. Il y a ensuite la question des transports, et notamment publics, de la sécurité, en mettant en place de la police de quartier pour bien vivre dans sa ville. C’est enfin avoir une attention à la santé, notamment en ce moment, on a la lutte pour que le GHM [groupe hospitalier mutualiste, NDLR], reste une structure Espic [établissement de santé privé d’intérêt collectif, NDLR], donc publique, au service de la santé des Grenoblois. »
Hervé Gerbi (divers centre) à Alain Carignon : « Faire des compromis est une nécessité. Quand est-ce que cela devient une trahison ? »
« La trahison, c’est quand on trahit ses valeurs. Je considère, moi, que l’alliance LFI-Verts, c’était une trahison de valeurs pour Laurence Ruffin et c’était une trahison des électeurs d’Allan Brunon. Pour ma part, je suis prêt à faire des compromis qui permettent d’avancer sur les sujets grenoblois. Un compromis qui paralyserait la fonction de maire, comme Laurence Ruffin, je ne le ferai jamais, parce que je considère qu’on doit pouvoir agir avec son conseil municipal pour pouvoir répondre aux préoccupations des Grenoblois. »