Jean-Louis Le Ny s’est offert un troisième succès sur le Circuit du Morbihan, après ceux de 2022 et 2024, confirmant son affinité avec cette épreuve qu’il affectionne particulièrement. Le coureur de 28 ans avait pourtant la pancarte sur la ligne de départ mais il a su décrocher la victoire au terme d’une course d’usure, qui vient lancer sa saison après un début d’année perturbé par la maladie. Au micro de DirectVelo, le coureur du VC Rouen 76 revient sur cette période délicate et une confiance retrouvée grâce à ce nouveau succès.
DirectVelo : Une nouvelle fois, tu t’imposes sur le Circuit du Morbihan !
Jean-Louis Le Ny : On va dire que c’est un triplé et quelque chose d’historique. Je voulais vraiment la gagner, surtout avec le changement de sens du circuit (départ de Moréac et arrivée à Baud, NDLR). Je comptais sur cette course pour lancer ma saison, parce que depuis le début d’année, les sensations n’étaient pas forcément au rendez-vous. Et puis c’est une fierté de gagner chez moi. Le circuit est très usant. C’est une course qui se joue dans les 4-5 derniers tours, à l’usure. Le peloton a explosé petit à petit. Ce sont des efforts qui me correspondent bien car ce ne sont pas des bosses très longues, mais il faut les monter vite et réussir à récupérer rapidement, parce qu’elles s’enchaînent, tout comme les tours.
Comment as-tu géré ta course ?
Il fallait être le plus frais possible dans les trois derniers tours. J’étais quand même marqué, donc je ne voulais pas trop montrer que j’étais fort. Dans le final, il y avait Antoine Hue avec moi. J’ai attaqué à plusieurs reprises, et c’était souvent Thomas Garel qui revenait, donc je savais que c’était un coureur dangereux pour la victoire. J’étais quand même assez serein sur ma condition du jour. Et courir à la maison me donne toujours un petit supplément.
Tu avais pourtant l’étiquette de favori…
Oui, je pense que beaucoup de coureurs en ont parlé et que les directeurs sportifs l’ont évoqué au briefing. Tout le monde savait que j’étais chez moi et que j’avais envie de gagner. Certaines équipes étaient sûrement là pour essayer de me contrer. Mais c’est souvent dans ces moments-là que je cours le mieux, en restant lucide et en ne faisant pas n’importe quoi. Avec l’âge et l’expérience, je gère aussi mieux la pression. J’ai fait mon premier résultat ici il y a huit ans, en Elite. On progresse étape par étape, et c’est avec l’expérience qu’on apprend à gérer ce genre de situation.
« LES SENSATIONS NE REVENAIENT PAS »
Comment se passe ton début de saison ?
J’ai fait un très bon mois de décembre à l’entraînement, avec de super sensations. Ensuite, après un stage avec l’équipe, j’ai enchaîné les problèmes. J’ai eu la grippe au moment du Nouvel An, ce qui m’a immobilisé pendant une dizaine de jours sans rouler. J’ai repris deux semaines, puis j’ai attrapé une gastro. Depuis, ça va mieux et j’ai pu enchaîner de grosses semaines d’entraînement pour préparer la suite et retrouver la forme. Pendant un moment, je me posais des questions parce que les sensations ne revenaient pas, mais c’était simplement lié à la maladie. Là, ça fait un bon mois que tout se passe bien et on voit que ça paie. J’ai l’habitude d’être en forme tôt dans la saison, mais cette année ce sera un peu décalé, ce qui n’est pas forcément un mal. J’ai envie de performer sur certaines courses que je ne connais pas encore.
Quels sont justement ces objectifs ?
Pour l’instant, je me projette surtout sur les trois prochaines semaines jusqu’au Circuit des Ardennes. Entre-temps je serai sur le Prix Gilbert Bousquet, Paris-Camembert et la Boucle de l’Artois. Ensuite, on verra si j’enchaîne avec le Tour du Loir-et-Cher ou si je fais une coupure. À plus long terme, il y aura sûrement des objectifs comme le Championnat de France, qui peut bien me convenir. Il y a aussi des ambitions collectives avec l’équipe, notamment en Coupe de France. Si on performe individuellement, le classement général suit souvent.