Les deux candidats arrivés en tête du premier tour ont eu des échanges d’abord basés sur l’accusation de Franck Allisio, qu’il brandit depuis lundi, selon laquelle le désistement de Sébastien Delogu serait le signe que LFI prendrait la main sur la mairie de Marseille. « En 2020, derrière Mme Rubirola, il y avait vous. Cette fois-ci, derrière vous il y a Jean-Luc Mélenchon », a lancé le candidat du Rassemblement national. « Il n’y aura pas une seule personne des gens issus des rangs de Jean-Luc Mélenchon », lui a répondu Benoît Payan.

Un début de débat rythmé à coups d’attaques personnelles avant que le thème de la sécurité ne vienne sur le tapis.

Franck Allisio a ainsi déroulé ses propositions longtemps égrenées durant la campagne. Le candidat d’extrême droite pointant les manquements supposés du mandat Payan dans le domaine de la lutte contre le narcotrafic. « Notre police est en dessous de la moyenne nationale », a soutenu le candidat RN, dénonçant aussi le manque de caméras de vidéosurveillance. Et d’appuyer : « La réalité c’est qu’il faut agir. Je serai le maire de l’ordre et de la sécurité ».

Le maire sortant rappelant par la suite que cette lutte était en grande partie selon lui de la compétence des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. « Les tueurs du frère d’Amine Kessaci sont à l’étranger », pointait Benoît Payan. Accusant son adversaire de raconter de chimères en misant sur la police municipale pour lutter contre le narcotrafic. Enfin, Benoît Payan ajoutait que (selon ses propos) le nombre de policiers avait augmenté durant son mandat. « Le narcotrafic, ça ne se règle pas avec des tweets. Je considère que c’est d’une importance capitale », a insisté le maire sortant.

Pour terminer sur ce thème, Franck Allisio jetait un doute sur la régularité des élections municipales, indiquant qu’il avait saisi le procureur à travers l’article 40 du Code de procédure pénale. « Il y a des choses que je ne laisserai pas faire. Depuis des semaines, j’alerte sur des irrégularités », a lancé Franck Allisio. « Vous participez à un doute permanent », a martelé Benoît Payan.

La suite du débat était consacrée au « vivre ensemble » et le « pass » que Franck Allisio veut mettre en place pour l’accès aux plages de Marseille. Il évoque une « mesure transitoire. Ensuite, toutes les plages seront sécurisées », expliquait le candidat RN. Évoquant aussi une « partie de la plage réservée aux familles et aux seniors ».

Benoît Payan expliquait dans la foulée qu’il fallait « 18 mois pour recruter un policier municipal ». « Comment reconnaître une racaille », « c’est quoi vos critères » : Benoît Payan sommait son opposant de répondre, rappelant aussi qu’il « existe des racailles en col blanc ».

Franck Allisio expliquait qu’il ne souhaitait pas avoir « des gens qui fument du shit et écoute de la musique sur les plages », précisant qu’il ambitionne de réserver une partie des plages aux familles.

Le maire sortant quant à lui répondait par les éléments de son « plan littoral » en cas de réélection. « On crée une immense pinède et on double les accès à la mer », avait notamment déclaré Benoît Payan dans nos colonnes.

Les deux candidats ont à nouveau défendu leur programme durant cette demi-heure d’échanges souvent tendus. Et espèrent avoir convaincu les électeurs de Marseille.