La psychopathie est un trouble de la personnalité qui se traduit par un manque d’empathie, de compassion envers les autres et par l’absence de remords après avoir commis des actes malveillants. Les personnes psychopathes se montrent souvent impulsives dans leurs décisions et dans leurs gestes et ont des difficultés à respecter les normes sociales.

Les causes de la psychopathie seraient multiples. Ce trouble pourrait être lié à une exposition à la violence et à un manque de cadre durant l’enfance. Ces dernières années, les chercheurs se sont de plus en plus intéressés à la compréhension de la psychopathie en étudiant le cerveau lui-même. La dernière recherche sur ce sujet a été publiée dans dans la revue Aggression and Violent Behavior. Voici ce qu’elle révèle. 

Les chercheurs ont analysé le cerveau d’hommes condamnés pour violences conjugales 

Des études antérieures ont déjà montré qu’il existait un lien entre des caractéristiques cérébrales spécifiques et des traits psychopathiques. Après avoir analysé plus d’une vingtaine d’études, une équipe de chercheurs espagnols dirigée par le chercheur en neuropsychologie Ángel Romero-Martínez, a constaté que les régions frontale, temporale et pariétale du cerveau étaient liées à la psychopathie.

Ils ont voulu vérifier si ces mêmes tendances s’appliquaient aux hommes condamnés pour violences conjugales, la psychopathie étant un facteur de risque connu pour diverses formes de violence, y compris la violence conjugale.

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Pour cela, ils ont recruté 125 hommes : 67 auteurs de violences conjugales et 58 hommes témoins sans antécédents de violence. Afin d’évaluer leurs traits psychopathiques, les chercheurs les ont interrogés durant 45 minutes en s’appuyant sur un questionnaire de référence, le test de psychopathie PCL-R. Ainsi, chaque participant a pu être évalué sur des comportements tels que l’absence de regret, la manipulation et l’impulsivité. 

Dans leurs analyses, les chercheurs ont pris en compte d’autres facteurs pouvant influencer les caractéristiques psychologiques d’un individu, à savoir l’âge, le niveau d’études et la consommation de drogues

Les participants ont ensuite passé une IRM, dont les résultats ont été examinés par un logiciel spécialisé qui a mesuré l’épaisseur du cortex dans des régions spécifiques.


Les hommes ayant un cortex plus fin au niveau des aires frontale, temporale et pariétale (en violet, en bleu et en rouge sur l’image) ont tendance à manifester des comportements antisociaux élevés. © Corona Borealis, Adobe Stock

Un cortex plus fin au niveau des aires fronto-temporo-pariétales

L’analyse des données recueillies a montré que les hommes présentant un cortex plus fin au niveau des aires fronto-temporo-pariétales, avaient tendance à manifester des tendances antisociales plus importantes, indépendamment de leurs antécédents de violence. Le cortex cérébral est la couche de substance grise située à la surface des hémisphères du cerveau. Les aires frontale, temporale et pariétale du cerveau sont quant à elles impliquées dans le traitement des informations sensorielles, le contrôle moteur et les activités cognitives supérieures. 

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La recherche en neurosciences a montré que ces régions cérébrales jouent un rôle majeur dans l’apparition de comportements tels que l’insensibilité, le manque d’empathie et les tendances manipulatrices.

À partir de leurs résultats et des données neuroscientifiques disponibles, les chercheurs suggèrent que :

  • des différences de matière grise dans l’hémisphère gauche pourraient engendrer des difficultés de prise de décision et une impulsivité ;
  • des différences dans l’hémisphère droit pourraient être liées à des difficultés émotionnelles et d’empathie ;
  • une réduction de l’épaisseur de l’insula (zone du cortex dissimulée au milieu du cerveau) pourrait affecter la capacité à comprendre et à interpréter le point de vue d’autrui.

Cette étude offre une vision plus précise du fonctionnement psychique dans la psychopathie en décrivant les différences de structure cérébrale entre des personnes saines et des personnes psychopathes.

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« Cela pourrait aider les experts médico-légaux et les psychologues à établir des profils précis en combinant des tests psychologiques et des examens de neuro-imagerie », ont conclu les chercheurs.