Dans « Projet dernière chance » sorti le 18 mars, adaptation d’un roman d’Andy Weir, Ryan Gosling se lie d’amitié avec une entité extraterrestre pour sauver l’humanité. Un sublime huis clos dans l’espace d’une intelligence, d’une légèreté, d’une drôlerie et d’une émotion inattendues.
Vous en connaissez beaucoup des films capables de vous émouvoir avec l’amitié entre un astronaute et un tas de pierre animé? On n’avait pas vu ça depuis « Seul au monde » et la mort tragique de Wilson, ballon de volleyball que Tom Hanks, échoué sur une île déserte, avait fini par associer à un être humain. Adapté d’un roman de l’Américain Andy Weir (« Seul sur Mars »), coréalisé par Phil Lord et Christopher Miller (« La grande aventure Lego », « Spider Man: New Generation »), « Projet dernière chance » relève l’exploit haut-la-main. Et ce ne sera pas le seul.
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Collaborer pour survivre
Soudé au point de vue de Ryland Grace (Ryan Gosling), professeur de sciences qui se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial à des années-lumière de la Terre, le spectateur se retrouve, comme le protagoniste, sans savoir qui il est ni pourquoi il se trouve à bord. La mémoire de Ryland revient progressivement alors que le huis clos sidéral est régulièrement complété de courtes séquences de flashbacks où l’on découvre la raison de cette mission de la dernière chance, encadrée par une cheffe de projet psychorigide et un rien cynique (la géniale Sandra Hüller).
En gros, une substance mystérieuse, baptisée astrophage, grignote les étoiles et menace le Soleil, et donc l’humanité, d’extinction. Mais une étoile résiste, et c’est là que Ryland a été envoyé pour trouver une solution en faisant appel à ses connaissances scientifiques et à son tempérament anticonformiste. La rencontre imprévue avec une entité extraterrestre, sorte de figurine en pierre dont l’espèce est également menacée par l’astrophage, amène Ryland à collaborer pour parvenir à ses fins.
>> A écouter, les avis des critiques cinéma sur le film « Projet dernière chance » : Film en débat : « Projet dernière chance » de Phil Lord et Christopher Miller, avec Ryan Gosling, Sand / Vertigo / 6 min. / mercredi à 17:09 Un ovni aussi attachant qu’atypique
Adoptant une forme sans esbroufe et une patine visuelle proche du grain de la pellicule, « Projet dernière chance » s’affirme comme de la hard science, soit du cinéma futuriste à visée réaliste. La volonté affichée des cinéastes de jouer sur le vintage, notamment avec des musiques empruntées à Scorpions, Prince, Ella Fitzgerald, Neil Diamond ou The Beatles, produit un effet de proximité et d’intemporalité immédiat qui participe grandement à notre adhésion, décuplée par l’interprétation burlesque de Ryan Gosling et par le traitement comique, presque nonchalant, des enjeux pourtant massifs posés dans le récit.
Dans la relation d’amitié improbable qui va se nouer entre Ryland Grace et le bloc de pierre sans visage qu’il baptise logiquement Rocky, « Projet dernière chance » trouve son cœur absolu et atteint un niveau supérieur, autant thématiquement qu’émotionnellement. Dépassant les clivages entre espèces vivantes, le résultat se mue en fable magnifique sur la communication, l’altruisme et l’altérité qui va jusqu’à désamorcer l’héroïsme supposé d’un protagoniste n’ayant jamais choisi de sauver son espèce et qui s’avère in fine plus à l’aise au contact de Rocky que des humains qu’il côtoyait avant son départ. Un ovni de science-fiction, sans doute le plus attachant et le plus atypique qu’on ait pu voir depuis des lustres.
Rafael Wolf/sc
« Projet dernière chance » de Phil Lord et Christopher Miller, avec Ryan Gosling, Sandra Hüller. A voir dans les salles romandes depuis le 18 mars 2026.