Les comètes sont devenues encore plus fascinantes quand on a compris qu’elles étaient des vestiges de la matière dont est né le Système solaire il y a 4,56 milliards d’années. En les étudiant, on pouvait donc en apprendre beaucoup sur les processus physiques et chimiques à ce moment là, processus qui allaient faire naître notre Planète Miracle. On pouvait espérer aussi qu’elles avaient conservé, sans trop de changements, l’état de la matière originale, avant que celle-ci n’évolue et que sa mémoire ne soit brouillée.
Les questions auxquelles on pouvait peut-être répondre en étudiant les comètes concernent non seulement la cosmogonie planétaire mais aussi l’exobiologie. Par exemple, les comètes sont-elles à l’origine de l’eau sur Terre ? Ont-elles apporté sur Terre des briques fondamentales de l’ARN et de l’ARN, voire les premières cellules ?
Fantastic work by Ariel Graykowski and our @SETIInstitute–@Unistellar citizen scientists.
Comet C/2025 K1 (ATLAS) is literally falling apart — and many of you have been watching it in real time. After skimming just 0.3 AU from the Sun on October 8, it unleashed a huge outburst in… pic.twitter.com/dWXWpqmiuX— Franck Marchis (@AllPlanets) November 25, 2025
C’est donc un événement, aussi bien pour les chercheurs que pour les passionnées d’astronomie, lorsque une nouvelle comète est détectée. L’une des dernières apparues sur le devant de la scène récemment se nomme C/2025 K1 (ATLAS).
C’est une comète non périodique, observée pour la première fois en mai 2025. À ce titre, on sait qu’elle doit provenir du fameux nuage d’Oort, bien au-delà de Pluton, et que sa trajectoire sur une orbite hyperbolique va la conduire à quitter le Système solaire pour pénétrer dans le milieu interstellaire.
Elle fait partie des nombreuses comètes découvertes par l’Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System (Atlas), en français « système d’alerte ultime d’impact d’astéroïdes », un relevé astronomique robotisé et un système d’alerte précoce optimisé pour détecter les plus petits objets géocroiseurs, quelques semaines à quelques jours avant qu’ils n’impactent la Terre.
En fait, le destin de C/2025 K1 (Atlas) – à ne pas confondre avec la comète interstellaire 3I/Atlas – est maintenant un peu obscur. Il y a quelque temps, en passant au périhélie de son orbite à l’intérieur de celui de Mercure (à environ un tiers de la distance Terre-Soleil), elle a été fragmentée par les forces de marée du Soleil. Elle est désormais sous la forme d’un amas de fragments situé à environ 400 millions de kilomètres de la Terre, dans la constellation des Poissons.

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La comète a été observée par plusieurs instruments juste avant et juste après sa fragmentation. Parmi les observations les plus précoces dans ce dernier cas, on trouve celles faites avec le télescope Hubble, et ce, par hasard, comme l’explique un communiqué de la Nasa et un article publié dans la célèbre revue Icarus.
Une fragmentation découverte par sérendipité
Dans le communiqué, John Noonan, co-auteur de la publication et professeur au département de physique de l’université d’Auburn, en Alabama, explique que lui et ses collègues voulaient initialement observer une tout autre comète avec Hubble. Il ajoute : « Parfois, les plus belles découvertes scientifiques sont le fruit du hasard. Cette comète a été observée car notre comète initiale était devenue invisible en raison de nouvelles contraintes techniques survenues après l’acceptation de notre proposition. Nous avons dû trouver une nouvelle cible et, juste au moment où nous l’avons observée, elle s’est fragmentée, une probabilité extrêmement faible. »

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John Noonan ignorait que C/2025 K1 (Atlas) allait se fragmenter et encore moins juste avant le début des observations avec ses collègues. « En examinant les données pour la première fois, j’ai constaté la présence de quatre comètes sur ces images, alors que nous n’avions prévu d’en observer qu’une seule. Nous avons donc compris qu’il s’agissait de quelque chose de vraiment exceptionnel. »
Par un heureux hasard, le télescope spatial Hubble de la Nasa vient d’observer la désintégration d’une comète. La probabilité que cela se produise sous l’œil attentif de Hubble est infime. Avant sa fragmentation, C/2025 K1 (Atlas) était probablement un peu plus grande qu’une comète moyenne, avec un diamètre d’environ huit kilomètres. La comète avait probablement commencé à se désintégrer huit jours avant d’être observée par Hubble. Hubble a pris trois images de 20 secondes, une par jour, du 8 au 10 novembre 2025. Pendant qu’il observait la comète, l’un des plus petits fragments s’est également désintégré. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa’s Goddard Space Flight Center
Un laboratoire de plus pour les astrochimistes
Le communiqué de la Nasa contient une vidéo où l’on peut voir les images prises de cet événement avec Hubble, un mois seulement après le passage de C/2025 K1 (Atlas) au plus près du Soleil, accompagnées de quelques commentaires.
Dennis Bodewits, autre auteur de la découverte, et qui est aussi professeur au département de physique de l’université d’Auburn, rappelle quant à lui : « Les comètes sont des vestiges de l’époque de la formation du Système solaire ; elles sont donc composées de « matériaux anciens », les matériaux primordiaux qui ont constitué notre Système solaire. Mais elles ne sont pas vierges : elles ont été chauffées, irradiées par le Soleil et par les rayons cosmiques. Ainsi, lorsqu’on examine la composition d’une comète, la question qui se pose toujours est : « S’agit-il d’une propriété primitive ou est-ce le fruit de l’évolution ? » En ouvrant une comète, on peut observer la matière ancienne qui n’a pas subi de transformation. »
Ainsi, les astrochimistes de l’équipe de recherche travaillent sur l’analyse des gaz provenant de la comète et ils ont déjà montré que C/2025 K1 (Atlas) est chimiquement très particulière, car nettement moins riche en carbone que les autres comètes.
L’analyse spectroscopique réalisée grâce aux instruments STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph) et COS (Cosmic Origins Spectrograph) du télescope spatial Hubble devrait révéler beaucoup plus d’informations sur la composition de C/2025 K1 (Atlas) et sur les origines de notre Système solaire, conclut le communiqué de la Nasa.