Après 18 mois d’un processus de
validation particulièrement contraignant, Tesla semble toucher au
but pour faire homologuer son système FSD en Europe. L’approbation
néerlandaise, attendue début avril, pourrait ouvrir la voie à un
déploiement progressif sur le continent.
Ce n »est pas faute d’avoir travaillé. Pour obtenir le feu vert
européen, Tesla a dû se plier à des exigences
réglementaires autrement plus strictes qu’aux États-Unis ou en
Chine. Le bilan des 18 derniers mois est assez
impressionnant : plus de 1,6 million de kilomètres
parcourus sur des routes européennes, quelque 13 000
essais réalisés avec des clients à bord, et plus de 4 500 scénarios
reproduits en circuit fermé pour simuler les situations les plus
imprévisibles du trafic quotidien. À cela s’ajoutent des milliers
de pages de documentation technique destinées à répondre à plus de
400 exigences réglementaires.
Tesla a notamment travaillé en étroite collaboration avec le
RDW, l’organisme néerlandais d’homologation, réputé pour son
sérieux. Le constructeur a officiellement annoncé avoir complété la
phase finale de tests requis dans le cadre de la norme UN R-171, et
transmis l’intégralité des dossiers nécessaires. Le RDW est
maintenant en phase d’examen interne.
Avril comme date cible, avec une marge d’incertitude
L’approbation était initialement attendue pour ce 20 mars. Elle
a glissé au 10 avril. Pas de quoi s’alarmer outre mesure, mais un
petit rappel que ces procédures ont leurs propres rythmes,
indépendamment des ambitions commerciales du constructeur.
Si les Pays-Bas donnent leur accord, d’autres pays
européens pourraient reconnaître cette homologation à l’échelon
national, ce qui faciliterait un déploiement progressif.
Tesla évoque aussi la possibilité d’une approbation à l’échelle de
l’Union européenne d’ici l’été, mais cela reste, pour l’heure, une
perspective.
Ce qui est sûr, c’est que le système concerné est le FSD
« supervisé » : le conducteur reste responsable et doit rester
attentif. On est encore loin de la voiture qui se débrouille seule,
même si la technologie évolue rapidement.
Un marché sous pression, une équation commerciale encore
floue
L’arrivée du FSD en Europe tombe à point pour Tesla, qui a
traversé une année 2025 difficile sur le Vieux Continent, avec
des chutes de ventes significatives
dans plusieurs pays. La conduite autonome est devenue un
argument de poids dans les décisions d’achat, et le constructeur en
a bien conscience.
Reste la question du prix. Actuellement affiché à 7 500
euros en achat direct, le système pourrait aussi se
décliner en abonnement mensuel autour de 100 euros. Une formule qui
rendrait l’accès à la technologie plus accessible et plus modulable
selon les usages.
Mais Tesla ne sera pas seul sur ce terrain. Des constructeurs
comme Xpeng ou Xiaomi arrivent en Europe avec des systèmes
comparables, potentiellement moins chers, voire inclus de série
dans le véhicule.