Au début, cela a commencé par une drôle de sensation. « J’avais l’impression d’avoir du sable dans les yeux », glisse Pascal au bout du fil. C’était à la fin des années 90. Ce septuagénaire habitant à Dombasle a consulté plusieurs spécialistes. Le verdict est tombé, implacable : allergie aux pollens d’arbres. « J’ai dit à l’allergologue : écoutez, je fais du VTT, je suis dans les bois pendant des heures et des heures, des bouleaux, des noisetiers, j’en vois plein », raconte-t-il, « mais bon, s’il me disait que c’était ça… ».

Comme Pascal, ils sont nombreux à avoir reçu ce diagnostic. 3 0 % des Français souffrent d’allergies aux pollens , qu’ils soient d’arbres ou d’herbacées. Pour eux, le retour des beaux jours est aussi celui des éternuements, des nez encombrés, des yeux qui picotent et autres désagréments liés aux allergies polliniques.





En France, 30 % de la population souffre d’allergies aux pollens.  Photo Michael Desprez.

En France, 30 % de la population souffre d’allergies aux pollens.  Photo Michael Desprez.

« La période des allergies s’est allongée »

Et cette année, les conditions météorologiques printanières observées récemment ont avancé le « top départ ». Au point que la Lorraine et la quasi-totalité du pays ont été placés en alerte rouge aux pollens d’aulne le week-end des 7 et 8 mars par ATMO France. Le 9 mars, ATMO Grand Est a également annoncé que la saison des pollens de bouleau, un des plus allergisants, avait démarré avec trois semaines d’avance par rapport à 2025. « Mais, depuis quelques années, j’ai remarqué que la période des allergies s’était allongée », observe Christiane, une Nancéienne âgée de 74 ans, allergique aux graminées depuis une quarantaine d’années, « avant, je prenais mon cachet (d’antihistaminique, très utilisé par les personnes souffrant d’allergies aux pollens) de février à septembre. Maintenant, c’est quasiment toute l’année ».

La Nancéienne pointe du doigt la pollution. Les spécialistes évoquent également le rôle majeur du réchauffement climatique…

Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs.

En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus Genially (plus d’informations).

En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.


Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.

Gérer mes choix


J’accepte
J’accepte tous les cookies

« Mon nez est un ruisseau et j’ai les yeux rougis comme un lapin russe »

Alain, lui, avoue préférer l’homéopathie pour traiter son allergie aux pollens d’arbres. « Je ne suis pas trop médicaments », confie cet habitant d’Heillecourt âgé de 56 ans, « et puis, les antihistaminiques peuvent entraîner de la somnolence ».

Alors, avant le début de la saison, il prend des granules en prévention. « Avant, ça durait un mois, maintenant, ça peut s’étendre de février à avril », lâche-t-il, « cela me fait ch… car j’habite dans une zone boisée. Je fais de la course à pied et, parfois, quand je rentre, mon nez est un ruisseau et j’ai les yeux rougis comme un lapin russe ».

Odeur de barbecue

Les désagréments, c’est plutôt au niveau respiratoire que Jean-Baptiste les subit. Ce Liverdunois âgé de 46 ans souffre d’allergies depuis plus de cinq ans. « Avant de prendre un traitement, j’avais une sensation d’étouffement quand je sortais », lâche-t-il. Aujourd’hui, Jean-Baptiste prend son antihistaminique une heure et demie après le petit-dej… « Dès que je sors, je m’acclimate, parfois, je porte un masque. On sent quand il y a des pollens dans l’air, il y a cette odeur particulière, qui ressemble au barbecue. J’ai des soucis pour marcher donc je fais des petites distances. J’ai aussi de la ventoline au cas où, même si je n’en ai pas eu besoin. Mais c’est quand même une gêne au quotidien ».

Une gêne qu’il est heureusement possible de limiter de diverses manières (antihistaminiques, désensibilisation, acupuncture…). Pascal avoue d’ailleurs avoir quasiment réglé ses problèmes d’allergies avec une séance d’acupuncture il y a cinq-six ans. « Est-ce que c’est un effet placebo ? Je ne sais pas… En tout cas, même si j’ai encore quelques sensibilités, je ne prends plus de médicaments. »

Et puis, il y a ces gestes du quotidien, que toute personne allergique a pris l’habitude de faire. « Je n’ai pas de plante verte, pas de tapis, j’aère le matin quand les pollens sont moins nombreux, je me lave les cheveux le soir pour enlever les particules », détaille Christiane, « en plus, avec l’âge, je trouve qu’on devient de plus en plus sensible ». De quoi rendre cette saison des pollens encore plus gênante…