Sur la pointe du Cap-Ferret, les observateurs de la LPO scrutent
le ciel quand, soudain, deux minuscules silhouettes glissent au ras
du sable. Perdues au milieu de dizaines de milliers d’oiseaux
migrateurs, elles passent inaperçues. Et pourtant, ce sont des
oiseaux que beaucoup rêvent de voir.
Ces visiteurs discrets portent un nom qui intrigue :
Alouette hausse-col, ou horned lark en anglais.
Oiseau de toundra, de champs cultivés, de plages et même de
déserts, il est très répandu dans l’hémisphère nord mais reste
méconnu. L’American Bird Association l’a d’ailleurs choisi comme
« Bird of the Year 2026 ». Encore faut-il savoir où chercher.
Alouette hausse-col : un oiseau familier du globe, mais pas de
nos yeux
C’est ce qui s’est produit fin octobre à la Pointe du
Cap-Ferret. « La journée du jeudi 31 est marquée par le passage de
plus de 38000 oiseaux ! Parmi lesquels nous retrouvons 8 825
pigeons toutes espèces confondues, un record pour le site. Lors de
cette même journée, nous voyons passer 22 504 pinsons des arbres et
la donnée marquante reste ces deux “Alouettes hausse-col”, deuxième
mention de cette espèce sur le site, la première datant de 2002 !
Le mercredi 30, nous avons observé un oiseau relativement rare sur
la côte atlantique : l’Accenteur alpin ! », résume l’Observatoire de
la Migration en Aquitaine de la LPO, cité par La Dépêche du
Bassin.
À l’échelle de la planète, pourtant, l’espèce reste largement
répandue. « Les alouettes hausse-col sont de couleur brun et gris
avec des marques jaunes et noires sur le visage », décrit Holly
Latteman, directrice Science and Research au Dawes Arboretum de
Newark (Ohio), citée par Homes and Gardens. « Elles doivent leur nom
aux touffes de plumes qui se trouvent sur le haut de leur tête et
qui ressemblent à une corne », poursuit-elle. « Les grandes Alouettes
hausse-col peuvent être observées toute l’année en Amérique du
Nord », explique-t-elle. « En été, on peut les voir près du Canada,
tandis qu’en hiver on les trouve dans les États les plus au sud
comme la Floride, la Géorgie, l’Alabama ou certaines régions du
Texas », ajoute Holly Latteman.
Où chercher l’Alouette hausse-col, de la Manche aux grandes
plaines
En Europe, l’Alouette hausse-col niche sur les toundras
scandinaves et dans des plateaux secs plus au sud, puis certaines
descendent hiverner jusqu’aux côtes françaises de la Manche. On les
y cherche sur les plages de galets, les dunes rases et quelques
terre-pleins portuaires battus par le vent.
Outre-Atlantique, le meilleur terrain d’observation reste la
grande culture. « Dans l’Ohio, nous voyons des alouettes hausse-col
sur des parcelles agricoles pour picorer du maïs, de petits
cailloux, des graines ou de la végétation laissée après l’automne »,
raconte Holly Latteman. « Elles picorent jusqu’en mars, quand elles
se mettent à nicher ». Les oiseaux privilégient les champs nus, les
friches courtes, parfois les bords de routes ou même les pistes
d’aéroports. « Les alouettes hausse-col nichent dans des dépressions
du sol tapissées de matériaux végétaux », précise encore Holly
Latteman.
Les bons réflexes sur le terrain pour
enfin les repérer
Pour réussir une rencontre, mieux vaut oublier les mangeoires et
les parcs urbains. « Le meilleur endroit pour voir des alouettes
hausse-col n’est pas forcément votre jardin, mais les champs de
campagne qu’elles affectionnent », explique Holly Latteman. « Elles
ne vont pas venir à une mangeoire comme d’autres espèces peuvent le
faire. Ce sont des oiseaux très beaux que vous pouvez avoir le
plaisir d’observer, à condition d’aller à leur rencontre là où
elles se trouvent ».
- Plages ou galets presque nus en plein hiver.
- Grands champs nus ou chaumes, bords de chemins agricoles.
En France, l’Alouette hausse-col est intégralement protégée
depuis l’arrêté du 17 avril 1981. Sur les plages, dunes ou champs
nus, l’idéal est donc de rester sur les sentiers et de tenir les
chiens en laisse : son nid se trouve directement au sol.