Plus irritable et inquiet depuis qu »on vous parle de tension
trop haute ? Ces réactions ont longtemps été vues comme du simple
stress, alors que des études récentes interrogent le rôle direct de
la hypertension artérielle sur notre
caractère.
Une étude publiée en 2022 a analysé des centaines de milliers
d’adultes pour relier tension, gènes et caractère. Elle s’est
concentrée sur le névrosisme et sur la pression artérielle
diastolique, ce fameux « deuxième chiffre » qui accompagne
chaque mesure.
Quand l’hypertension artérielle touche aussi la
personnalité
Quand la tension reste élevée au repos, on parle d’hypertension.
La pression diastolique correspond au moment où le cœur se relâche
; si elle grimpe, les artères du cerveau subissent cette pression
en continu.
Les auteurs décrivent le névrosisme ainsi : « Les personnes
présentant du névrosisme peuvent être sensibles aux critiques des
autres, sont souvent auto-critiques et développent facilement de
l’anxiété, de la colère, des inquiétudes, de l’hostilité, un
malaise vis-à-vis d’elles-mêmes et de la dépression. Le névrosisme
est considéré comme un facteur clé dans la survenue des troubles
anxieux et des troubles de l’humeur. Les personnes névrotiques sont
plus souvent exposées à un stress mental élevé, qui peut conduire à
une élévation de la pression artérielle et à des maladies
cardiovasculaires. Une surveillance et un contrôle appropriés de la
pression artérielle peuvent être bénéfiques pour la réduction du
névrosisme, des troubles de l’humeur induits par le névrosisme et
des maladies cardiovasculaires », ont-ils résumé, cités par le site
Spring.org.uk.
Ce que montre l’étude sur tension artérielle et névrosisme
Pour tester ce lien, l’équipe a utilisé la randomisation
mendélienne : plus de mille variations génétiques liées à la
tension, issues de grandes bases de données, ont été comparées aux
niveaux de névrosisme, d’anxiété, de dépression et de
bien-être.
Les résultats montrent que seule la pression diastolique exerce
des « effets de causalité significatifs » sur les troubles
névrotiques, sans lien clair avec anxiété, dépression ou bonheur,
dans un échantillon composé surtout de personnes d’origine
européenne.
Hypertension, stress et caractère : un
cercle à prendre en charge
« Selon moi la mesure avec laquelle il faut lire les résultats de
cette étude peut être résumée à cette phrase : « Les individus avec
« neuroticisme » font plus souvent l’expérience de stress mental
élevé, ce qui peut mener à une élévation de la pression artérielle
et des maladies cardio-vasculaires. DONC une prise en charge
adaptée de la pression artérielle pourrait réduire le
« neuroticisme », qui induit des troubles de l’humeur et des maladies
cardiovasculaires. » Il y a, résumé dans cette phrase, tout le flou
qui est maintenu tout au long de la rédaction de cet article quant
au rapport de cause à conséquence qui existe entre stress et
augmentation de la pression artérielle. Ce lien est retrouvé dans
les deux sens : avoir un tempérament stressé ou marqué par du
« neuroticisme » peut entrainer une augmentation de la pression
artérielle, et une augmentation de la pression artérielle peut
aboutir à des troubles psychiques et des pathologies
cardiovasculaires. Il faut donc des prises en charge conjointes des
troubles psychiques autant que de l’hypertension artérielle. » a
expliqué le Dr Joachim Müllner, psychiatre, à Doctissimo.
Sources