Bien que tous les regards soient tournés vers le phénomène Paul Seixas, il n’en reste pas moins que la formation Decathlon CMA CGM ne brille pas que grâce à son jeune coureur français depuis le début de l’exercice 2026, loin de là. Malgré le gros coup dur d’une absence longue durée pour la recrue phare de l’hiver, Olav Kooij, le train de la WorldTeam française brille tout de même depuis janvier. Le Danois Tobias Lund Andresen, autre nouveau venu dans le groupe, a déjà gagné trois fois. Et à chaque fois au niveau WorldTour, tant qu’à faire. DirectVelo a profité de la présence de Mark Renshaw sur Paris-Nice pour faire un point avec le nouveau directeur sportif de l’équipe, lui qui a longtemps servi de poisson-pilote à Mark Cavendish et qui a aussi eu le temps de gagner à onze reprises chez les pros. L’occasion d’évoquer ce nouveau pôle sprint chez Decathlon CMA CGM. Entretien.

DirectVelo : Tobias Lund Andresen marche très fort depuis le début de l’année !
Mark Renshaw : Oui, il réalise un très bon début d’année. J’étais au Tour Down Under avec lui, évidemment on peut dire que les débuts étaient déjà réussis là-bas (il a gagné une étape du Tour Down Under et décroché trois autres podiums d’étapes, enlevant également le classement par points de l’épreuve WorldTour, avant de s’imposer sur la Cadel Evans Great Ocean Road Race quelques jours plus tard, NDLR). Luke Roberts était là sur chacune de ses victoires jusqu’à présent, car il était lui aussi en Australie puis à Tirreno-Adriatico. Il a beaucoup d’expérience en la matière et peut apporter beaucoup à l’équipe pour les sprints en termes de coaching. Gagner des sprints massifs est clairement devenu un gros objectif de l’équipe. On y travaille beaucoup.

Avec un véritable train qui semble se mettre en place. Lors de la victoire d’étape à Tirreno-Adriatico, Decathlon CMA CGM était clairement en surnombre dans les deux derniers kilomètres en tête de peloton…
On a des gars qui ont passé un cap et pris de l’importance dans la construction d’un train, c’est vrai. Le pôle sprint travaille très bien. Et c’est une belle satisfaction. Tord Gudmestad a accompagné Tobias sur toutes ses victoires jusqu’à présent et ce sera le cas tout au long de l’année. Les deux font la paire, ça fonctionne extrêmement bien. On est très satisfaits de la façon dont ils bossent ensemble. Je ne vois aucune raison de changer cela ou de casser ce binôme même si, dans le cyclisme professionnel, les choses peuvent changer très rapidement (rire). Alors on ne sait jamais. Mais franchement, pour le moment c’est top.

« TOUT EST POSSIBLE À SANREMO »

Jusqu’où peut aller Tobias Lund Andresen ?
Il a de gros objectifs qui arrivent et nous sommes ambitieux. Il peut faire un très gros Milan-Sanremo, suivant le scénario de la course, puis il y a aura le Tour d’Italie après la période des Classiques. Il a un calendrier chargé et très excitant devant lui.

Peut-il passer la Cipressa puis le Poggio avant les meilleurs ce samedi ?
Si des gars comme (Mathieu) Van der Poel mettent le feu dans le Poggio, il faudra sûrement s’accrocher dans le deuxième groupe et ensuite espérer que ça puisse rentrer dans le final. Si c’est le cas, et avec un scénario de course favorable, tout est possible à Sanremo.

« OLAV (KOOIJ) TRAVAILLE À 110% POUR REVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE »

T’a-t-il impressionné lors de sa victoire d’étape à Tirreno-Adriatico, en devançant des gars comme Jonathan Milan, Arnaud De Lie ou encore Paul Magnier ?
Il a été très solide, oui, mais on le savait capable de ça. Même jeudi, il n’a pas basculé loin des meilleurs sur une étape difficile. Il était là dans le deuxième groupe, qui est resté à une trentaine de secondes, et il aurait clairement été le plus rapide de tous si c’était rentré.

Olav Kooij n’a toujours pas porté le maillot de l’équipe alors que c’était l’un des plus gros transferts de l’intersaison au sein du peloton WorldTour…
C’est un gros transfert pour l’équipe, et il est préjudiciable de ne pas l’avoir avec nous pour le moment bien évidemment. Mais on fait au mieux avec les armes que l’on a pour le moment. Daan Hoole et Cees Bol font du bon boulot. Malheureusement, Robbe Ghys s’est fracturé la clavicule sur l’UAE Tour, il nous manque aussi pour l’instant. Ce n’est pas l’idéal bien sûr mais ça fait partie du vélo d’avoir des mecs sur la touche, ça arrive à tout le monde, tous les ans. Olav (Kooij) travaille à 110% pour revenir le plus vite possible. L’équipe garde toute sa confiance en lui, on est partis pour un long bout de chemin ensemble. On a hâte de pouvoir véritablement travailler ensemble.