Leo KEKEMENIS – France Télévision
Franck Dubosc est l’invité des « Rencontres du Papotin » sur France 2 le 21 mars.
On le connaît surtout pour ses rôles et spectacles comiques. Mais derrière son humour, Franck Dubosc cache aussi une grande sensibilité, qu’il a dévoilée sans filtre dans Les Rencontres du Papotin. L’acteur et réalisateur est l’invité de l’émission diffusée sur France 2 ce samedi 21 mars à 20 h 30, deux mois après avoir été enregistrée lors du Festival de l’Alpe d’Huez fin janvier.
Il a répondu aux questions des journalistes non professionnels atteints de troubles du spectre autistique et celles sur son père l’ont particulièrement touché. Lucien Dubosc est décédé en 2002 des suites de la maladie de Charcot, avant la saga Camping et bien avant que son fils ne décroche en 2026 son premier César, celui du meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, son troisième film derrière la caméra.
Pas étonnant donc que Franck Dubosc ait été ému en abordant la fierté souvent silencieuse des pères pour leurs enfants. Raphaël, l’un des journalistes du Papotin et musicien du groupe Percujam, avait écrit un texte pour l’occasion et lui a demandé de le lire. « Mon père est fier de moi […] Parfois, il n’a pas besoin de le dire, mais juste un geste et je le comprends », a lu l’acteur à voix haute, avant la question de Raphaël : « Est-ce que même sans le montrer votre père était fier de vous ? »
L’émotion de Franck Dubosc
Immédiatement, les yeux de Franck Dubosc se sont embués et il ne s’en est pas caché, au contraire : « moi dès qu’on parle de mon père ça m’émeut un peu », a-t-il précisé aux journalistes du Papotin. Avant de répondre, il a séché ses larmes, en précisant : « je ne pleure pas mais ça m’émeut. Et quand ça m’émeut, j’ai des gouttes sous les yeux ».
Franck Dubosc a ensuite expliqué avoir toujours pensé que son père n’était pas fier de lui, car il ne lui disait pas. Il raconte qu’il a appris une anecdote qui lui a prouvé le contraire. Au début de sa carrière, alors qu’il n’était pas encore célèbre, son père a entendu des gens parler d’un certain « Franck Dubosc qui est de Grand-Quevilly » et leur a tapé sur l’épaule pour leur dire « c’est mon fils ». « Donc il était fier. Mais il ne me le disait pas à moi », résume-t-il.
La seule fois où il lui a dit, c’est dans une lettre écrite peu de temps avant de mourir. « Il a résumé toutes ses années qu’on a vécues ensemble sans me le dire, parce que la lettre je la garde, et c’est important un papa qui est fier de son fils », dit le comédien au journaliste. Lui-même père de deux fils, Franck Dubosc confie essayer « le plus possible » d’être fier d’eux, et de leur dire.
Le silence des pères
L’échange s’est poursuivi sur la pudeur des hommes à exprimer leurs émotions. Un sujet qui parlera à de nombreux téléspectateurs, de tout âge. « Tu sais, c’est une autre époque », rappelle Franck Dubosc à Raphaël en parlant de son père. « Moi il ne m’a jamais dit “je t’aime”. Jamais. Mais il le pensait et ça suffisait, je le voyais dans ses yeux », ajoute-t-il.
Il a également narré avec beaucoup d’émotion l’unique fois où il a pris un verre dans un bar avec son père. Le moment était si marquant qu’il se souvient encore du montant du gros pourboire laissé par Lucien Dubosc, aux revenus pourtant modestes. Un billet qui traduisait ce qu’il n’arrivait pas à exprimer par les mots : « Il m’a dit “j’ai passé un bon moment, ça se mérite”. On est rentrés tous les deux, et il n’a rien dit dans la voiture. Il était heureux ».
Au cours des trente minutes d’émission, Franck Dubosc a reparlé à plusieurs reprises de ses parents décédés, et plus spécifiquement de son père. Il a par exemple confié que les vacances restaient son meilleur souvenir en famille, car c’était la période où il voyait son père sourire, alors qu’il était « souvent un peu triste dans l’année ».
Entre les questions intimes des journalistes et les surprises musicales, dont une reprise d’Hier encore de Charles Aznavour qui l’a fait pleurer, Les Rencontres du Papotin ont été un moment riches en émotion pour Franck Dubosc. Il a terminé en soulignant le caractère très introspectif de l’émission : « Vous m’avez appris à me connaître un peu mieux. Vous m’avez posé des questions qui peuvent vous paraître simples, mais elles m’amènent beaucoup plus que ça, à moi, à réfléchir ». De quoi faire réfléchir, aussi, tous les pères et leurs enfants devant la télé.