La dégradation de la qualité de l’air se confirme ce week-end sur une large moitié nord de la France ce samedi. Conjuguée à la forte pollinisation des arbres, cette pollution aux particules fines entraîne des conditions particulièrement difficiles pour les personnes allergiques.

L’épisode de pollution aux particules fines amorcé de vendredi sur le nord de la France s’étend ce samedi de Dunkerque à Brest selon plusieurs observatoires de la qualité de l’air réunis au sein d’Atmo. Un vaste arc englobant notamment Lille, Amiens, Rouen, une partie de l’Île-de-France ou encore des Pays de la Loire et du Centre-Val de Loire est concerné par un indice de qualité de l’air jugé « mauvais ». Dans certaines régions, comme en Normandie, la carte de pollution aux particules fines apparaît entièrement rouge. Une pollution qui va augmenter la sensibilité des personnes allergiques, alors qu’une forte pollinisation des arbres est en cours.

Dans ce contexte, les autorités appellent à la prudence et recommandent d’éviter les zones à fort trafic pour les piétons et les cyclistes, de réduire les activités physiques intenses mais aussi d’aérer régulièrement les logements, et surtout de suivre rigoureusement ses traitements pour les personnes souffrant d’asthme ou d’allergies. Car au-delà de la pollution seule, c’est bien la combinaison avec les pollens qui inquiète les spécialistes, »le cocktail est explosif », alerte ce samedi matin sur franceinfo le docteur Sophie Silcret-Grieu, membre de la Société française d’allergologie.

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Car la situation est aggravée par une météo clémente et l’absence de vent, qui favorisent l’accumulation des particules fines dans l’air. « On a une très forte pollinisation des arbres en ce moment, qui provoque chez les allergiques des réactions inflammatoires très importantes », précise l’allergologue. Et l’effet des polluants ne fait qu’accentuer ce phénomène : « Quand les voies respiratoires ont été décapées, un peu comme si elles avaient été passées au papier de verre par les polluants, l’effet des pollens est décuplé » explique le docteur Sophie Silcret-Grieu qui  évoque « des symptômes tels que des irritations des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que des troubles respiratoires accrus ».

À l’échelle européenne, l’observatoire Copernicus anticipe également une dégradation de la qualité de l’air dans plusieurs pays d’Europe occidentale, en raison notamment d’émissions agricoles. Une situation qui « risque d’impacter beaucoup de monde. Évidemment, encore plus les personnes fragiles », souligne le docteur Silcret-Grieu.