Par Yvan
Jourdan –
Publié le 21 Mar 2026 à
09:41
Guerre en Iran, inflamation :
voici l’impact concret sur votre épargne et les scénarios possibles
pour vos placements.
Les tensions militaires au Moyen-Orient font trembler les
marchés et ravivent une inquiétude bien concrète : que va devenir
l’épargne des Français ? Depuis les frappes américaines et
israéliennes contre l’Iran le 28 février, suivies de représailles
et d’un blocage du détroit d’Ormuz,
les prix du pétrole s’envolent et les indices boursiers
reculent. Le CAC 40 a perdu 7,5 % en deux semaines, tandis que le
Nikkei cédait 9 %. Dans ce contexte, Livret A, assurance-vie et
actions se retrouvent au cœur des interrogations.
Livret A : une hausse possible en cas de retour de l’inflation
Pour l’instant, l’impact se concentre surtout sur la flambée des
carburants. Toutefois, si le conflit s’installe, un regain
d’inflation plus large pourrait émerger, comme en 2022 lorsque les
prix avaient bondi de 12 % sur un an après la guerre en Ukraine. Or
le taux du Livret A dépend directement de l’inflation et des
taux directeurs de la Banque centrale européenne.
Comme l’explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de
l’épargne, dans un article publié par RMC,
« il n »est pas impossible que la tendance s’inverse, et que ces
deux variables remontent légèrement ». Il précise même :
« Sur le semestre, on risque bien d’être à 1,8 voire 1,9
%. » Dans ce scénario, le taux actuel de 1,5 % pourrait
évoluer. « Il pourrait passer de 1,5 % à 1,7, voire 1,8 % »,
anticipe-t-il. Néanmoins, tout dépendra de la durée des tensions
géopolitiques.
Assurance-vie :
un amortisseur face aux secousses
Parallèlement, l’assurance-vie attire massivement. En janvier
2026, elle a enregistré 6,2 milliards d’euros de collecte nette, un
record depuis 2010. Les fonds euros ont affiché un rendement moyen
de 2,65 % en 2025. Dans ce climat incertain, MoneyVox relaie l’analyse
de Dorian Dabadie, responsable Bourse de Meilleurtaux, qui rappelle
que « l’assurance vie peut également jouer un rôle d’amortisseur
dans la gestion de l’épargne, notamment pour les épargnants les
plus prudents ».
Les fonds euros, principalement investis en obligations,
pourraient même bénéficier d’une remontée des taux liée à
l’inflation. Philippe Crevel évoquait récemment « une année en
or » et estime qu’ »on est plutôt dans l’idée d’une
progression que d’une baisse ».
Marchés
actions : correction passagère ou opportunités ?
Du côté des actions, la baisse reste mesurée comparée à d’autres
crises. En mars 2020, le CAC 40 avait chuté de 39 % en moins d’un
mois. Aujourd’hui, selon Philippe Crevel, « il y a eu une baisse
globale des indices au tout début, mais maintenant les marchés sont
plutôt attentistes et on est plutôt sur un plateau ».
Pour les investisseurs aguerris, certaines valeurs redevenues
plus accessibles pourraient constituer « des occasions à
saisir ». L’action LVMH, passée de 650 euros en janvier à 460
euros, illustre cette correction. Dans tous les cas, les experts
appellent à éviter les décisions précipitées et à conserver une
vision de long terme face à ce choc d’incertitude.