Alors que le numérique sature nos vies, un nouvel espace apparaît dans les maisons : l’analog room, refuge sans écrans dédié au temps long.
Un mouvement discret traverse l’industrie du haut de gamme : le retour à l’analogique. Après l’ère du tout digital et des expériences immersives, les marques réhabilitent les objets tangibles et les rituels hors écran. À la maison, cette bascule prend forme dans un lieu à part : une pièce déconnectée et conçue comme un refuge face à la saturation permanente et à l’hypersollicitation numérique. Popularisée aux États-Unis, l’analog room est pensée sans écrans ni domotique intrusive : on y lit, on y collectionne les disques vinyles 33 tours, on y écrit, on peint… Le tout loin des notifications et des sollicitations incessantes de son téléphone.
Catherine Price, auteure de How to Break Up With Your Phone, défend cette déconnexion intentionnelle pour mieux restaurer une attention pleine. Sur TikTok, les vidéos associées au hashtag #AnalogLife cumulent plus de 76 millions de vues, signe d’un intérêt croissant pour ce mode de vie hors écran. Une étude menée en 2026 par Talker Research montre que les plus jeunes sont les plus enclins à instaurer des moments quotidiens sans écran, révélant une aspiration nouvelle à ralentir.
Analog Room.
Adrien Dirand
Pour l’architecte d’intérieur Mélanie Agazzone, il ne s’agit pas d’un effet de mode. «Après deux décennies d’hyperconnexion, j’observe une demande croissante pour des espaces dédiés au temps long avec lumière indirecte, acoustique feutrée, pensés pour assumer la lenteur : le temps non fragmenté devient un privilège. Ce n’est plus l’ultraconnectivité qui impressionne, mais la capacité à créer chez soi un espace de retrait.» C’est d’ailleurs une pièce de ce genre que l’on a remarquée dans la maison vitrée conçue par Pharrell Williams pour le défilé homme Louis Vuitton de janvier. Le privilège contemporain ? Un lieu dédié à la présence.