En marge de l’agression survenue le 23 février dernier, rue de Bugarel à Montpellier, lors de laquelle un père de famille et son fils de 17 ans ont été sauvagement frappés et gazés par une dizaine d’individus armés, les habitants de la résidence ACM Le Chardon se disent excédés par la venue, dans leur immeuble, de jeunes des quartiers alentour.
L’agression perpétrée le 23 février dernier, à deux pas du Septeo Stadium, est, à n’en pas douter, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour les riverains du haut de la rue de Bugarel, qui se disent excédés par la présence permanente de jeunes venus des quartiers alentour. Selon plusieurs témoignages concordants, un immeuble cristallise les tensions : la résidence ACM Le Chardon, implantée au numéro 1013.
« Depuis sa livraison, en 2018, nous sommes plongés dans une atmosphère de peur car les quartiers voisins amènent leur trafic et agressent nos enfants. Dès les premiers mois, nous avons subi des actes de vandalisme, des vols, des incendies criminels dans les garages, des dégradations, l’occupation illégale de locaux par des jeunes délinquants qui n’hésitent pas à consommer de l’alcool et des substances illicites. Malgré nos signalements répétés au bailleur ACM et à la mairie, aucune mesure efficace n’a été prise », peste Aurélien, un résident.
Une entreprise de nettoyage dépêchée sur place
Pour autant, sur place, à l’exception d’un ascenseur hors service au – 1, mais étonnamment fonctionnel aux autres étages, des traces d’une voiture et d’un conteneur poubelle incendiés sur la chaussée ainsi qu’une façade décrépite, tout semblait à peu près en ordre. Si l’on occulte un des appartements du dernier étage dont la propriétaire a été contrainte de poser du parquet pour éviter de marcher dans l’eau les jours de grosses pluies. « Ça fait trois ans que j’ai signalé le problème. On me dit : “on va le faire, on va le faire” mais je ne vois rien venir. »

La porte du garage de l’immeuble étant hors service, en sous-sol, les box sont forcés et les voitures visitées.
Midi Libre – GIACOMO ITALIANO
Mais à interroger les résidents, il y avait une explication à cet état des lieux sans anicroche… « Tout est propre car nous sommes transparents avec ACM et quand on leur a dit que Midi Libre venait faire un reportage à la suite de l’agression et qu’on allait montrer tout ce qui n’allait pas dans notre immeuble, une entreprise de nettoyage a immédiatement été envoyée. Les techniciens ont tout nettoyé, même les traces d’humidité sur les murs », souligne Aïfa qui n’a jamais vu la résidence aussi impeccable.
Tous les locaux sont squattés
Sauf que, selon elle, le problème reste entier tant que les lieux ne seront pas sécurisés. « On l’a déjà dit maintes et maintes fois, on souhaite que le local à vélos, le local poubelle et un petit local qui jouxte l’entrée puissent être fermés à clé. Là, ils n’ont pas de serrure et sont donc squattés en permanence par des jeunes d’autres quartiers qui viennent s’alcooliser, fumer des substances et se faire des ballons de protoxyde d’azote. Et après, ça dégénère dans le quartier où l’on regrette aussi l’absence de caméras de vidéosurveillance. »

Le local vélos, dépourvu de serrure, est devenu leur “QG”.
Midi Libre – GIACOMO ITALIANO

Le local à poubelles reste toujours ouvert.
Midi Libre – GIACOMO ITALIANO
Depuis 2018, nous sommes plongés dans une atmosphère de peur car les quartiers voisins amènent leur trafic et agressent nos enfants.
« Idem pour la porte de garage de l’immeuble, elle ne fonctionne pas depuis des mois. Ils entrent, ils sortent, ils font ce qu’ils veulent. Moi, ils viennent passer des soirées dans ma voiture. Mais qu’est-ce que je peux y faire ? Ils ont cassé la porte de mon box et tout est ouvert. Il y a moins d’un an, deux jeunes ont posé trois bouteilles de gaz sur une voiture et y ont mis le feu. Tout l’immeuble a été évacué. C’est normal, ça ? On vit dans un climat de peur permanent. »
Ce mardi, lors de notre venue, le garage avait été réparé après des mois d’attente. Mais dès la nuit tombée, il était à nouveau hors service !