Le Père Cent à Toul ? C’est de l’histoire ancienne. Cette tradition n’a pas survécu à la crise sanitaire. Nos dernières archives remontent à 2019. Annulé en 2020 pour cause de Covid, l’événement n’a jamais repris.

Pourtant, le cap symbolique des cent jours avant le bac est atteint. Dans l’Est, certains lycéens l’ont déjà célébré, d’autres s’y préparent. Mais à Toul, rien. « Les élèves sont attendus en classe comme tous les jours », indique le proviseur du lycée Majorelle, David Lemasson.

Pas de demande

Aucune demande n’a été formulée par le CVL (instance de dialogue entre lycéens et équipe éducative, N.D.L.R).

Même constat au lycée des Métiers : le proviseur Jean-Pierre Lelarge, en poste depuis 2020, confie n’avoir jamais été concerné par l’événement. Les élèves, selon lui, n’y semblent « plus attachés ».

Le témoignage de Khadizat, en terminale à Majorelle, est révélateur. La jeune fille ignorait tout simplement ce qu’était le Père Cent, jusqu’à ce que ses camarades de classe lui en expliquent le principe. Pour l’élève, la question de participer ne se pose même pas.

Ses camarades Baptiste et Paul connaissent la tradition, mais ont fait un choix significatif. « On va le fêter à Nancy, il y a plus de monde, des commerces, ça bouge, ça sera l’occasion d’aller faire une sortie », expliquent les deux lycéens, rencontrés devant leur établissement. Pour eux, le Père Cent mérite un cadre à la hauteur, celui d’une grande ville animée, pas celui d’une ville moyenne où l’événement ne semble plus exister. Ils n’hésitent pas à poser une absence pour l’occasion.

Pas de dialogue

Ils avouent par ailleurs ne pas avoir envisagé de l’organiser à Toul, convaincus de ne pas en avoir le droit. Un malentendu, puisque leur proviseur n’y voit pas d’obstacle de principe. Simplement, personne ne lui a posé la question. Un dialogue manqué, qui dit peut-être tout sur comment une tradition finit par mourir dans l’indifférence.