Allumée pour la dernière fois le dimanche 8 mars, la fresque lumineuse inspirée du chamanisme appelée « Pinta Cura », créée en 2016 par l’artiste Frédéric Post, va être enlevée d’ici quelques semaines à Genève. Mais le sort de cette oeuvre emblématique reste pour l’heure incertain.
Cette œuvre lumineuse est devenue un emblème de la Genève culturelle. Depuis 2016, les 10’000 ampoules de couleurs de « Pinta Cura », l’oeuvre de 17 mètres de long sur 24 mètres de large de l’artiste Frédéric Post, illuminaient les nuits de la place de Montbrillant, en face de la gare Cornavin. « Avec cette œuvre murale et lumineuse inspirée du chamanisme, en particulier colombien, dans les figures totémiques du serpent et du jaguar, l’artiste Frédéric Post invoque les principes de vie et de guérison » indique sur son site la Ville de Genève.
Derrière l’oeuvre d’art créée en 2016 à l’occasion du Geneva Lux Festival, il y a des logements vétustes construits au XIXe siècle qui doivent être mis aux normes. L’installation du chantier a démarré et le démantèlement de « Pinta Cura » est prévu pour fin avril. « Pinta Cura est en cours de désinstallation depuis le lundi 9 mars 2026. Cette dépose intervient dans le cadre de la rénovation complète de l’ensemble des logements sur laquelle l’installation repose. Les travaux doivent débuter fin avril pour une durée estimée à deux ans », précise la Ville de Genève, toujours sur son site.
« Pinta Cura » démontée et stockée
Que va-t-il advenir de « Pinta Cura »? Exposer l’œuvre ailleurs, ou alors, la démonter pour la durée des travaux, pour ensuite la remettre, n’est pas une option selon Camille Abele, responsable du Fonds municipal d’art contemporain (FMAC), qui est aujourd’hui propriétaire de cette fresque urbaine. « Cette œuvre a été réalisée avec des matériaux non pérennes: du bois, de l’alu et des fils électriques. Et donc soumis à des dégradations météo, ce qui, à la longue, coûte cher », souligne-t-elle, interrogée par la RTS.
>> Voir la vidéo Décryptage culture consacrée à « Pinta Cura » :
L’avenir incertain d’une œuvre lumineuse genevoise / Décryptage culture / 2 min. / le 12 mars 2026
Selon l’artiste Frédéric Post, les choses sont différentes. Le coût d’entretien réel est cinq fois moins élevé que les chiffres avancés par le FMAC. Toujours selon l’artiste, il y a environ six mois, le FMAC l’aurait convoqué pour lui signaler que « Pinta Cura » allait être détruite puis remplacée par une autre œuvre sur la façade. Aujourd’hui, à son grand soulagement, le FMAC est revenu sur sa décision. « J’ai appris la semaine passée que mon œuvre sera démontée selon les règles de l’art et stockée. C’est une petite victoire », a-t-il confié.
Une pétition pour rénover ce néon urbain et le pérenniser a été déposée le 29 septembre 2025 avec plus de 2’100 signatures en dix jours, dont celles de Simon Lamunière, curateur et artiste, ainsi que de Sara Zürcher, Directrice des Journées photographiques de Bienne. Aujourd’hui, le sort de « Pinta Cura » est entre les mains du Conseil municipal et du Grand Conseil. Soit l’oeuvre sera à nouveau exposée après les travaux au même endroit ou sur un autre mur de la ville, soit elle sera rendue à l’artiste en pièces détachées.
Sujet radio: Layla Shlonksy
Adaptation web: ld