Société

Un animateur intervenant à l’école élémentaire Chabrol, dans le 10e arrondissement de Paris, a été écarté après avoir montré à des enfants des vidéos de guerre « avec du sang ».

Publié le 21 mars 2026 à 15h14

Un animateur a montré à des enfants de l'école Chabrol des images inappropriées durant un atelier. Photo © Google Maps

Un animateur a montré à des enfants de l’école Chabrol des images inappropriées durant un atelier. Photo © Google Maps

L’initiative est pour le moins choquante. Un animateur scolaire intervenant à l’école élémentaire Chabrol, dans le 10e arrondissement de Paris, a été écarté après avoir montré à des enfants des images jugées inappropriées. D’après le témoignage d’un parent recueilli par 20 Minutes, l’intervenant aurait diffusé sur son téléphone des vidéos de guerre « avec du sang », ce qui aurait « perturbé » un élève de CE2.

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L’épisode concerne un petit groupe de six enfants de 7 à 8 ans, dans le cadre d’un atelier présenté comme axé sur la citoyenneté, selon plusieurs sources. Un courriel de la circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance (Caspe) du 10e arrondissement, daté du 10 mars et consulté par 20 Minutes, indique qu’un « intervenant associatif » aurait « conçu un jeu vidéo sur la guerre et l’aurait montré aux enfants ».

La Caspe précise que la directrice du périscolaire a demandé à l’association employeuse de ne plus affecter cet intervenant, qui n’est pas revenu à l’école. Une « visite de contrôle et d’évaluation de l’atelier » doit être programmée dans les prochaines semaines, toujours selon la Caspe.

Un encadrement jugé trop fragile

Si un parent d’élève estime que l’affaire a été « très bien gérée en interne » par la direction du périscolaire, il regrette en revanche l’absence d’information directe aux familles des six élèves concernés. À ce stade, 20 Minutes n’a pas pu vérifier si l’animateur exerce encore au sein de l’association ou s’il intervient dans d’autres écoles.

Cette séquence relance aussi les critiques sur la formation et le statut des personnels d’animation. Le collectif SOS Périscolaire y voit le symptôme d’un encadrement jugé trop fragile, rappelant que les structures peuvent recruter majoritairement des titulaires du Bafa ou de diplômes équivalents, tout en employant jusqu’à 20 % de personnes sans qualification spécifique, un seuil qui peut être dépassé là où les difficultés de recrutement sont les plus fortes.

D’après le syndicat Supap-FSU, la Ville de Paris compterait 2 500 adjoints d’animation, 1 000 contractuels et 8 500 vacataires au statut précaire. Contactée par 20 Minutes, la mairie de Paris n’avait pas répondu au moment de la publication.

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