Le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper des sites iraniens visant le détroit d’Ormuz dans le cadre d' »opérations défensives », ce vendredi 20 mars. Selon certains observateurs du ballet aérien de bombardiers américains basés en Angleterre, l’espace aérien de la France aurait été survolé.
Alors que Donald Trump s’épanche à traiter le Royaume-Uni, comme d’autres pays de l’Otan, de « lâche », Londres a annoncé autoriser l’utilisation de bases militaires britanniques dans la guerre des États-Unis et Israël conte l’Iran. Ces bases permettront aux Américains de frapper les lanceurs de missiles iraniens qui prennent pour cible des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Jusqu’à maintenant, les bases britanniques étaient uniquement utilisées pour frapper des sites iraniens qui visaient directement les alliés et les intérêts britanniques dans les États du Golfe. Le 9 mars, le ministre de la Défense britannique John Healey avait déclaré aux députés que « le Royaume-Uni mène désormais des sorties aériennes défensives en soutien aux Émirats arabes unis ». « Des (avions de combat) Typhoon ont détruit avec succès deux drones, l’un au-dessus de la Jordanie, le second se dirigeant vers Bahreïn, » avait-il ajouté.
Survol de l’espace aérien de la France ?
Selon un porte-parole de Downing Street, plusieurs ministres britanniques réunis ce vendredi 20 mars « ont confirmé que l’accord autorisant les États-Unis à utiliser des bases britanniques dans le cadre de la légitime défense collective de la région inclut des opérations défensives américaines visant à neutraliser les sites et les capacités de missiles utilisés pour attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz ». Les deux bases britanniques utilisées par les bombardiers américains sont la RAF Fairford en Angleterre et Diego Garcia dans l’océan Indien.
Des observateurs avisés qui scrutent les mouvements aériens font état d’un fait remarquable. Ce vendredi 20 mars, le site qui surveille les routes maritimes et aériennes d’aéronefs ou de bâtiments militaires en Méditerranée et au-delà Itamilradar, annonçait qu’un bombardier stratégique Boeing B-52H, parti de la base de Fairford en Angleterre et armé de missiles de croisières, avait été détecté alors qu’il survolait la France.
Le site explique qu’il s’agit de la première fois depuis le début de la guerre que la France autorise des bombardiers stratégiques américains à survoler son territoire pour se rendre en Iran. Les bombardiers américains évitaient jusqu’alors l’espace aérien de l’Europe continentale et passaient par Gibraltar, lors de leurs vols au départ du Royaume-Uni vers le Proche-Orient.
Une autre source rapporte la même observation de l’utilisation de l’espace aérien français par un bombardier B-52 armé de missiles de croisières.
« La réaction du Royaume-Uni a été très tardive »
« Ils auraient dû agir plus vite », a réagi le président américain qui estime que cette décision a été prise « très tard ». « La réaction du Royaume-Uni a été très tardive. Je suis surpris parce que la relation est tellement bonne, mais cela ne s’était jamais produit auparavant », a-t-il déclaré à la presse vendredi à son départ de la Maison Blanche pour la Floride.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a de son côté déclaré sur les réseaux sociaux que Keir Starmer « mettait en danger la vie des Britanniques en autorisant l’utilisation de bases britanniques pour mener des actions agressives contre l’Iran ».
Le Royaume-Uni ne participera néanmoins toujours pas directement aux frappes américaines. Depuis le début du conflit avec l’Iran, Keir Starmer maintient que le Royaume-Uni suit sa propre voie, qui n’est pas dictée par les États-Unis.
Selon Downing Street, les ministres « ont convenu que les attaques imprudentes de l’Iran, notamment contre des navires battant pavillon britannique et ceux de nos proches alliés et partenaires du Golfe, risquaient d’enfoncer davantage la région dans la crise et d’aggraver les répercussions économiques ressenties au Royaume-Uni et dans le monde ».
Le parti libéral-démocrate britannique d’opposition a estimé par la voix d’un porte-parole que Keir Starmer devait « laisser le Parlement voter sur les termes de l’accord conclu avec les États-Unis concernant leur utilisation des bases britanniques ».
L’Iran cible Diego Garcia dans l’océan Indien
De son côté, Téhéran n’a pas attendu pour cibler île de Diego Garcia, sous souveraineté britannique et qui abrite notamment une importante base militaire de l’armée américaine.
Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction de Diego Garcia, île du territoire britannique dans l’océan Indien. Aucun n’a atteint la base conjointe américano-britannique située dans l’archipel de Chagos, ont rapporté le Wall Street Journal et CNN, citant des responsables américains anonymes. L’un des missiles aurait échoué en vol, tandis que l’autre aurait été intercepté par un navire de guerre américain. L’armée américaine a refusé de commenter l’incident.
Cette frappe aérienne manquée a eu lieu avant que le Royaume-Uni accepte de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires britanniques pour frapper des sites iraniens ciblant le trafic maritime dans le détroit.