Après le pétrole, le gaz, voilà le nucléaire. Après une attaque non revendiquée contre le site nucléaire iranien de Natanz, dans la matinée samedi, l’Iran a riposté plus tard dans la journée en lançant un missile — qui a touché sa cible — contre la ville israélienne de Dimona qui abrite un centre de recherche nucléaire. On fait le point sur ce que l’on sait.
D’abord une attaque contre le site iranien de Natanz
« Suite aux attaques criminelles perpétrées par les États-Unis et (Israël) contre notre pays, le complexe d’enrichissement de Natanz a été ciblé ce matin », a déclaré samedi l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’Iran avait déjà accusé les États-Unis et Israël d’avoir frappé ce site, début mars, au début du conflit, comme il l’avait aussi été en juin dernier.
Ce samedi, ni Israël ni les États-Unis n’avaient revendiqué cette frappe. Mais la volonté d’éliminer la menace nucléaire iranienne est un objectif assumé par le président américain Donald Trump depuis le début de l’offensive.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, « informé par l’Iran » de cette frappe, a appelé samedi « à la retenue militaire afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire ». Téhéran, de son côté, a indiqué qu’« aucune fuite de matières radioactives n’avait été signalée » dans la zone.
En fin de journée, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé à Téhéran un laboratoire universitaire « utilisé par les industries militaires du régime (…) et par le dispositif de missiles balistiques pour développer des composants et des armes nucléaires ». Cette frappe est une « étape supplémentaire dans l’effort continu visant à réduire la capacité du régime (…) iranien à progresser vers l’acquisition de l’arme nucléaire », ajoutait l’armée, sans évoquer la frappe sur le site Natanz.
Une riposte iranienne contre la ville de Dimona
Plus tard dans la journée, l’Iran a riposté en tirant un missile sur la ville de Dimona, dans le sud d’Israël. Cette ville abrite notamment une installation dédiée à la recherche nucléaire. Pas un hasard : l’Iran a indiqué qu’il s’agissait d’une « réponse » à l’attaque « ennemie » contre son complexe d’enrichissement.
La ville de Dimona abrite notamment le Centre de recherche nucléaire du Néguev Shimon Peres, une installation nucléaire à des fins de recherche qui, d’après la presse étrangère, a été impliquée dans la production d’armes nucléaires au cours des dernières décennies. Peu d’informations filtrent sur le site nucléaire de Dimona. Israël maintient une politique « d’ambiguïté stratégique », ne confirmant ni n’infirmant la possession d’armes nucléaires.
La localisation des sites touchés ce samedi n’était pas encore connue, mais des images diffusées en ligne et les directs des télévisions montrent des impacts sur des zones urbaines, et notamment un immeuble à la façade en grande partie détruite, trouée et grêlée d’éclats, ainsi que des véhicules en feu. La police a diffusé des images d’un appartement situé en étage, frappé par un impact, le mur de la cuisine éventré.
L’armée a indiqué dans un communiqué qu’« avant l’impact, des tentatives d’interception avaient été menées » sans succès et que les causes de l’impact « feront l’objet d’un examen ». Les secours dénombraient samedi soir plus de 30 blessés.