Vainqueur samedi de son premier
Milan-San Remo, au terme d’une course folle où il a été victime
d’une chute, Tadej Pogacar a pris une décision concernant son
avenir sur la Primavera.
Il y a des victoires qui comptent plus que d’autres. Tadej
Pogacar a remporté Milan-San Remo samedi, et sa joie n’est
absolument pas la même qu’après son succès sur les Strade Bianche
il y a deux semaines.
Sur les chemins blancs menant à Sienne, le Slovène était
l’immense favori, et briguait un quatrième succès en terre toscane.
Sur la Primavera, c’est autre chose. Le maillot arc-en-ciel n’avait
encore jamais levé les bras sur la Via Roma, et il l’a fait au
terme d’une course assez folle : chute à 32 kilomètres de
l’arrivée, remontée fantastique derrière ses coéquipiers, attaque
dans la Cipressa, puis train d’enfer dans le Poggio avant ce sprint
face à Tom Pidcock, où s’est joué de moins d’une demi-roue.
La « Classicissima » était une obsession pour Pogacar
parce qu’elle s’annonçait difficile à conquérir. Son parcours, bien
moins sélectif qu’un Liège-Bastogne-Liège ou qu’un Tour de
Lombardie, l’oblige à ferrailler avec des rivaux de la trempe de
Mathieu van der Poel ou de Pidcock. Mais Pogacar voulait absolument
l’ajouter à son tableau de chasse. C’était même son grand objectif
de la saison, bien avant le Tour de France.
« Pour moi, gagner Milan-San Remo compterait plus que
le record de six victoires sur le Tour de France, avait clamé
le quadruple vainqueur de la Grande Boucle avant la course. Car
pour moi, la différence entre zéro et un est plus grande qu’entre
quatre et cinq. »
Maintenant qu’il a gagné Milan-San Remo…
Pogacar la voulait absolument, cette ligne à son palmarès. Et
maintenant qu’il l’a obtenue, le Slovène est prêt à prendre une
décision radicale. « Tadej a dit qu’il ne reviendrait pas
(sur Milan-San Remo) maintenant qu’il a gagné », a confié
Tom Pidcock, son valeureux dauphin.
Puisqu’il passe vite d’une proie à l’autre, le Cannibale slovène
va maintenant faire de Paris-Roubaix son principal objectif. C’est
le seul Monument qu’il n’a pas encore gagné, désormais, et il avait
terminé deuxième derrière Van der Poel l’an passé pour sa première
chez les pros sur l’Enfer du Nord.
Et ensuite ? Nul doute que Pogacar reviendra un jour sur la
Vuelta, pour avoir les trois grands tours à son palmarès. Il
portera certainement une attention particulière à la course en
ligne des Jeux Olympiques de Los Angeles, en 2028. Et lorsqu’il
aura tout gagné, dieu seul sait ce que Pogacar fera…