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Et Tadej Pogacar découvrit la ruse. Pour remporter Milan-San Remo ce samedi, l’une des seules courses à lui résister, le champion du monde s’est confondu avec son sujet, devenant aussi subtil que cette vieille épreuve trop facile à courir, donc trop délicate à gagner. Cette victoire semble énorme, alors qu’elle n’est que finesse. Un instant, faisons semblant d’oublier les chiffres, les records d’ascensions, l’attaque à 24 kilomètres de l’arrivée qui a normalement toutes les chances de ne pas aboutir, parce que, souvent, le peloton revient sur les routes plates au bord de la mer Ligure. A 26 ans, Pogacar court avec une nouvelle arme: la manipulation mentale.
Pour estimer la grandeur du vainqueur, il faut regarder la terreur du vaincu: Tom Pidcock, deuxième de l’épreuve dans un sprint à deux, a réussi l’exploit d’échouer sur tous les plans. Spectateur de l’histoire, tenu en laisse invisible par Tadej Pogacar, le Britannique de l’équipe suisse Pinarello-Q36.5 était le dernier des favoris encore épargné, après que Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) cédait à cinq kilomètres de l’arrivée, dans la montée du Poggio. Mais Pidcock a tout simplement oublié de courir. Fut un temps où il passait pour le meilleur descendeur du monde: il a négligé de piéger Pogacar dans la descente du Poggio. Au sprint, il déclenche trop tard. S’il finit par remonter légèrement, si son succès avait été possible avec une ligne d’arrivée tracée vingt mètres plus loin, Pidcock a aussi oublié de sprinter.