« Ce n’est pas notre guerre », ont répété cette semaine les dirigeants de l’Union européenne qui subit pourtant déjà les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient. Pour se prémunir d’une trop forte montée des cours du gaz, la Commission européenne demande aux États-membres de moins remplir leurs stocks de gaz en vue de l’hiver prochain.
Publié le 22/03/2026 07:11
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Téhéran a mené, le 19 mars 2026, une série d’attaques contre des sites énergétiques du Golfe, notamment contre l’immense terminal GNL de Ras Laffan au Qatar. (- / AFP)
Face à l’envolée des cours du gaz en Europe, qui ont bondi de plus de 50% depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la Commission européenne appelle les États-membres à jouer sur le seul levier dont ils disposent : la demande. Traditionnellement, chaque année, ils remplissent leurs réserves à hauteur de 90% de leurs capacités de stockage pour éviter les risques de pénurie pendant l’hiver qui vient. Cette année, la Commission les appelle à modérer leur appétit : 80% suffiront. Objectif : ne pas alimenter la psychose actuelle sur les marchés financiers, qui alimente elle-même la hausse des prix, au risque de pénaliser l’économie européenne toute entière sans attendre l’hiver prochain.
L’inquiétude des Européens est montée d’un cran cette semaine après les frappes iraniennes qui ont visé plusieurs infrastructures de production gazière, notamment au Qatar. Les frappes sur le premier site de production de gaz liquéfié (GNL) au monde, à Ras Laffan, au Qatar, ont fait ressurgir le spectre d’une crise gazière, comme lors du début de la guerre en Ukraine en 2022. Ces frappes pourraient avoir des conséquences durables, craint effectivement la Commission européenne, bien plus que le seul blocage des navires pétroliers et gaziers dans le détroit d’Ormuz.
Alors les Européens explorent d’autres pistes pour s’approvisionner et regardent notamment du côté de l’autre côté de la Méditerranée, vers l’Algérie et la Libye qui disposent d’importantes ressources pétrolières et gazières. Il y a déjà deux gazoducs qui relient l’Algérie d’un côté à l’Italie, de l’autre à l’Espagne. Le transport par bateau de gaz naturel liquéfié n’est, quant à lui, pas très développé. Il pourrait donc être appelé à augmenter dans les années qui viennent.
Il y a aussi des pays comme l’Azerbaïdjan, où le président du Conseil européen Antonio Costa était justement en déplacement il y a deux semaines ou encore, bien sûr, les États-Unis, qui deviennent un recours au gaz russe que les Européens ne veulent plus importer à cause de la guerre en Ukraine. L’Europe n’a pas attendu ce conflit au Moyen-Orient pour diversifier ses approvisionnements. Le Qatar ne représente d’ailleurs que 10% de ses importations de gaz, contrairement aux pays asiatiques qui en dépendent beaucoup plus fortement.