Tout sauf un pardon. Balayés par Clermont le soir de la Saint-Valentin, les Toulonnais avaient à cœur de se rattraper… Il n’en a rien été.
Pire, dans leur jadis forteresse de Mayol, ils ont sombré face au Stade français.
Douze ans que les hommes de la capitale n’avaient pas levé les bras dans le Var, c’est désormais du passé !
Largement (et logiquement) vainqueurs 46-27, les coéquipiers d’un étincelant Louis Carbonel s’offrent même une victoire bonifiée, reléguant le RCT à la neuvième place du Top 14 ce matin.
Il y a urgence, dîtes-vous ? Clairement. Devenu si perméable, Mayol flanche, au passage, une deuxième fois consécutive. Une première depuis novembre 2022, lors des revers successifs face à Montpellier et au Racing 92. Là non plus, pas vraiment de quoi s’enthousiasmer.
« On ne mérite pas de gagner ce match »
« C’est difficile de parler, lâchait Charles Ollivon, encore à chaud, au sortir de la défaite. On est à côté de la plaque. On ne travaille pas assez sur le terrain, on ne fait pas ce qu’il faut. Dans ces moments-là, il faut accepter les critiques et ne rien dire, c’est tout. Je suis là, mais je n’ai rien à expliquer, rien à dire, à part qu’on ne mérite pas de gagner ce match. On est tombé contre meilleur. Il n’y a pas d’excuse. »
Quelques minutes plus tôt, Pierre Mignoni avait décrit ses joueurs comme « abattus ». Le témoignage de l’habituel capitaine du RCT en est le symbole. Tout comme les mines déconfites croisées à la sortie des vestiaires. Et honnêtement, on les comprend.
Des cadeaux… à la pelle
Comment ce Toulon-là a-t-il pu se retrouver derrière au score à la pause ? Avec un Stade français pénalisé à onze reprises sur le seul premier acte (!) et réduit par deux fois à quatorze ?
Comment, sur une simple pénalité jouée vite par Léo Barré (6e) à cinq mètres, le rideau défensif toulonnais s’est-il immédiatement fissuré ?
Comment, sur un 50-22 brillamment gagné et joué dans la foulée par ce même Léo Barré (31e), Toulon s’est fait, en une passe, surprendre et perforer ?
Un essai qui, au passage, n’est pas sans rappeler celui encaissé face à La Rochelle lors du barrage perdu en 2024, hein.
« On a fait beaucoup de cadeaux, tentait d’avancer Pierre Mignoni face à la presse. En première mi-temps, j’ai le sentiment qu’on domine cette équipe. Pour moi, à ce moment-là, ils ne doivent plus être dans le match. Mais en plus des cadeaux, nous n’avons pas été efficaces dans notre domination. »
« On a paniqué sur nos structures »
Et c’est peu de le dire ! Par cinq fois, hier après-midi, Toulon est entré dans l’en-but sans marquer.
On pense notamment à l’en-avant après la ligne de Lewis Ludlam (45e), ou encore à Mikheili Shioshvili coffré (70e).
Et côté occasions galvaudées, comment ne pas revoir le surnombre gâché, à la reprise, par le capitaine David Ribbans à quelques mètres de l’en-but (43e) ?
Mené 20-21, le RCT aurait pu renverser le match (et Mayol)… Il s’est finalement délité, cédant sous les assauts chirurgicaux du Stade français.
Des Parisiens bien aidés par le nombre incalculable d’erreurs ou d’imprécisions, dont la double sautée interceptée de Jérémy Sinzelle (58e) est sûrement la plus criante.
« J’ai senti qu’on a un peu paniqué sur nos structures… et même en défense, amendait Pierre Mignoni. On a été pris par le scénario un peu catastrophe de cette rencontre. Mais comme j’ai dit aux joueurs, il reste sept matches. Il faut qu’on reste ensemble, rien n’est perdu. À nous d’être solidaires. »
Effectivement, sur le plan comptable, Toulon n’a pas encore jeté son billet pour le top 6 aux oubliettes. Mais face au Stade français, il a montré de réelles limites.
Encore plus à l’heure où tous ses concurrents directs carburent.
« On fera les comptes à la fin », reprend le pragmatique Pierre Mignoni. C’est vrai, mais chaque semaine, la fin approche.