Les relations entre l’ouvreur international et le manager du Stade Rochelais, Ronan O’Gara, ancien n°10 de l’Irlande, ne sont pas un long fleuve tranquille.

Antoine Hastoy, qui disputera ce samedi soir face à Pau son 100e match sous le maillot du Stade Rochelais, pouvait se penser à l’abri, son contrat prolongé avec les Maritimes jusqu’en 2029. Et puis, ces dernières semaines, son avenir s’est assombri. Le numéro 10 d’Édimbourg, Ben Healy (26 ans), était recruté. Et le manager de La Rochelle, l’Irlandais Ronan O’Gara, laissait entendre qu’il ne comptait plus sur son international français (10 sélections), l’invitant à trouver un nouveau club. Avant, jeudi en conférence de presse, d’annoncer que Hastoy serait bien là pour les trois prochaines saisons.

«Ce n’est pas le club mais moi qui lui avais dit qu’il pouvait trouver une porte de sortie à la fin de la saison. C’était horrible pour nous deux. Parce que j’ai beaucoup d’admiration pour Antoine. Mais on ne peut pas être dans le déni non plus. Je n’étais pas content avec ses performances. Mais je dois lever la main et dire que c’est ma façon de faire. C’est un peu sévère, mais on est dans le sport de haute performance», explique l’ancien ouvreur du Munster et de l’Irlande.

J’ai mal apprécié le compétiteur en lui. Parce qu’il y a une autre façon d’opérer dans la culture française.

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Et de prolonger. «J’ai un énorme respect pour Antoine. C’est un peu comme mon mariage à la maison. Avec Jess, il y a des moments faibles, il y a des moments très forts. Mais ce n’est pas parce que ça ne marche pas pendant quelques mois que tu quittes la maison. Ce n’est pas ma vision des choses. Donc Antoine ne va pas quitter le club. C’était une menace. J’ai dit à Antoine, ‘’c’est urgent, j’ai besoin de toi, l’équipe a besoin de toi. Allons-y maintenant’’. J’ai mal apprécié le compétiteur en lui. Parce qu’il y a une autre façon d’opérer dans la culture française. J’ai appris ça et je respecte. Notre nouveau chapitre a commencé contre Castres et c’est bien.»

Mais la réflexion n’a jamais été linéaire. Comme le reconnaît O’Gara. «Beaucoup de fois, en rentrant chez moi, à peine traversé le pont, je me disais ‘’Qu’est-ce que je fais ? J’ai besoin de créer une équipe. Et, pour créer une équipe, j’ai besoin d’un bon 3, d’un bon 5 et d’un très bon 10.’’ J’ai donc dit à Antoine ‘’j’ai besoin de toi’’. C’est la vraie histoire. Antoine est ici pour les trois prochaines années. C’est un compétiteur. Mais un bon coach doit être capable de tirer le meilleur de chaque joueur. Avec Antoine, on n’a pas vu ça pour le moment. Mais, dans le passé, on l’a vu. Donc, je suis convaincu qu’ensemble, on peut aller plus loin.»