Decathlon CMA CGM espérait réaliser un gros coup sur Milan-Sanremo avec son nouveau sprinteur Tobias Lund Andresen, en pleine bourre depuis le début de saison et récent vainqueur d’étape sur Tirreno-Adriatico. Malgré un nouveau numéro hors-normes de Tadej Pogacar, l’imposant groupe de poursuite a pu y croire jusqu’au bout mais le Danois n’avait pas ses meilleures jambes, comme l’explique un Paul Lapeira qui est toujours resté au côté de son leader du jour bien qu’il avait pour sa part de très bonnes sensations et aurait, peut-être, pu espérer un bon résultat avec une stratégie différente. Présent à Sanremo, DirectVelo a recueilli la réaction du Normand une petite heure après l’arrivée.


DirectVelo : Vous venez de faire le debrief dans le bus. L’équipe a-t-elle des regrets, y’avait-il mieux à faire ce samedi ? 
Paul Lapeira : C’est une course qui, je pense, est souvent frustrante pour beaucoup de monde car ça se joue tellement à trois fois rien dans le final qu’il faut savoir prendre la bonne décision au bon moment. Je suis un peu frustré ce soir, oui, car on n’était pas venus pour faire 13 et 17. Tobias n’était pas au top physiquement, moi j’étais vraiment bien. Dans le final, il a fallu prendre des décisions. Avec des si, on aurait fait beaucoup de choses différemment sur cette course-là. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme on l’aurait aimé mais c’est comme ça.

« IL A FALLU S’ADAPTER DANS LES DEUX SENS EN DIX MINUTES »

Peut-on revenir sur cette fameuse chute avant la Cipressa, qui a impliqué nombre de favoris. Comment as-tu vécu cette situation et les minutes qui ont suivi ? 
On était plutôt sur la droite de la route mais on n’était pas très loin de la chute malgré tout. On l’a vue de près, comme je pense pas mal de mecs dans le peloton. Mentalement, ça a été assez étrange car j’imagine qu’à ce moment-là, beaucoup de monde s’est dit que (Tadej) Pogacar, (Mathieu) Van der Poel et (Wout) van Aert étaient Out. Mais la course a bien sûr quand même continué comme si de rien n’était.

Romain Grégoire nous disait que ça avait légèrement temporisé car les UAE ne roulaient plus…
Le placement se faisait de la même façon, ça roulait fort quand même car tout le monde voulait être le plus placé possible au pied de la Cipressa, (Tadej) Pogacar ou pas. Tout le monde s’est dit que ça changeait beaucoup de choses mais quand on a entendu à l’oreillette qu’il était en train de revenir, on a finalement imaginé que la course allait se dérouler comme prévu. Peut-être que le pied de la Cipressa s’est monté un peu moins vite que ce que l’on aurait pu imaginer mais ensuite, c’est monté à fond. Il a fallu s’adapter dans les deux sens en dix minutes.

« TOBIAS (LUND ANDRESEN) M’A DIT QU’IL N’ÉTAIT VRAIMENT PAS TOP »

Avec ce scénario de course, on imagine que vous avez pu y croire jusqu’au bout ?
Au pied du Poggio, je me suis dit qu’il y avait peut-être moyen que l’on revienne. Et puis les deux ont creusé à nouveau l’écart dans le Poggio car on ne les voyait plus une fois en bas. Tobias m’a dit entre la Cipressa et le Poggio qu’il n’était vraiment pas top, c’était délicat à gérer car moi, j’étais vraiment bien.

Tu aurais aimé pouvoir jouer ta propre carte ?
Non car tant que le sprinteur est là dans le groupe, on joue la carte du sprinteur. On sait qu’un sprinteur reste toujours un sprinteur dans le dernier kilomètre, même s’il est mort. Au final, il lui a manqué un peu de jambes pour bien faire ce sprint. C’est comme ça.