Vous avez fait différentes analyses de pollens. À quoi va ressembler cette année 2026 sur le plan des allergies aux pollens ?

« Elle va être assez compliquée. On voit qu’il y a énormément de pollens. C’est sans doute en lien avec le réchauffement climatique. On a un printemps précoce, avec des températures douces, de belles éclaircies. Cela a permis le développement des espèces végétales qui sont rentrées en pollinisation plus tôt avec des concentrations plus importantes depuis trois semaines. Alors que le bouleau rentre habituellement en pollinisation fin mars, cette année, cela a commencé dès le début du mois. Ceux qui sont sensibles à ces pollens vont le ressentir. »

Y a-t-il de nouvelles essences que vous surveillez pour leur potentiel allergisant ?

« Oui. Depuis l’année dernière, on a pu constater la présence de pollens d’olivier, un arbre typique du sud. La concentration est faible mais c’est un signal. Il y a aussi l’ambroisie qui est très présente dans le Sud mais qui remonte petit à petit vers le nord. Même si le niveau de concentration reste faible, on constate qu’il augmente. »

« On ne parle pas assez des allergies croisées »

Entre le réchauffement climatique et la pollution, peut-on craindre qu’il y ait de plus en plus de personnes allergiques dans les années à venir, et plus fortement touchées ?

« C’est vrai que les modèles les plus pessimistes indiquent que de plus en plus de personnes seront touchées. On estime que la moitié de la population pourrait être concernée, contre 30 % aujourd’hui. Déjà, les saisons commencent de plus en plus tôt. Donc si vous avez des printemps précoces, vous allez prolonger la durée des allergies. Et puis, il faut bien comprendre qu’on n’est pas forcément allergique à un seul pollen. Quand on devient allergique à un pollen, on devient aussi sensible à d’autres pollens et on peut développer d’autres allergies. On ne parle d’ailleurs pas assez des allergies croisées. »

C’est-à-dire ?

« Quand vous faites une allergie à un pollen, vous pouvez développer des réactions alimentaires car vous pouvez retrouver le même type de pollens dans certains aliments. On peut avoir une allergie croisée avec le bouleau et toute une série de fruits et légumes comme l’abricot, l’amande, l’avocat, la banane, la betterave, la nectarine, les carottes, la pomme, le céleri, le raisin, le poivron, le concombre, le kiwi ou encore le melon. Mais il peut y avoir d’autres réactions allergiques avec d’autres pollens. On a des réactions par voie orale qui sont rapides mais qui peuvent être extrêmement handicapantes. »