Romain Grégoire n’était pas de retour à Sanremo pour ça. Après avoir titillé les tous meilleurs l’an passé dans un final explosif, le Franc-Comtois s’était préparé à potentiellement jouer gros lors de cette édition 2026. D’autant que le leader de la Groupama-FDJ United se présentait en terres liguriennes avec le plein de confiance, grâce à sa victoire en Ardèche puis à ses très belles places d’honneur à Laigueglia et plus encore à Sienne lors des Strade Bianche. Malheureusement, il n’a cette fois-ci jamais été en mesure de peser sur la course dans le final de « la Primavera » et décroche ainsi un résultat anecdotique. Présent dans la zone d’arrivée dimanche après-midi, DirectVelo a recueilli la réaction de Romain Grégoire au pied du bus de la WorldTeam française. Entretien.
DirectVelo : Il s’est passé beaucoup de choses dans le final. Comment as-tu tout d’abord vécu la chute avant la Cipressa ?
Romain Grégoire : Au moment de la chute, j’étais sur la droite de la route, à la hauteur de là où c’est tombé mais je n’ai pas été gêné. J’ai vite compris que c’était (Tadej) Pogacar car j’ai vu tous les UAE se relever, mais je n’étais pas dedans.
« JE NE COMPRENDS PAS COMMENT IL A PU REMONTER AUSSI VITE »
Puis ça a finalement mis en route dans la Cipressa, malgré tout, avec ce même Tadej Pogacar !
Franchement, on était un peu perdus car on est arrivés au pied de la Cipressa sans les UAE devant. C’était bizarre, on s’est demandé ce qu’il allait se passer, si ça n’allait pas se monter vite… J’ai eu le temps d’imaginer un scénario plus classique avec une décision finale qui se ferait dans le Poggio. C’est pour ça qu’on était presque perdus. Puis d’un seul coup, il est revenu de je ne sais pas trop où (Tadej Pogacar, NDLR). En étant dernier au pied de la Cipressa je ne comprends pas comment il a pu remonter aussi vite. Ça a tout de suite embrayé…
Et toi ?
J’étais placé, 15-20e… Mais au final, dans une Cipressa, c’est trop loin. Si j’avais pu être avec eux ? Non, pas du tout. Je ne pense pas. Dans tous les cas, en étant 15-20e, avec le vent de face… Au final, j’ai l’impression d’avoir suivi et subi toute la course et de ne pas avoir été acteur de ce final. C’est très frustrant.
« J’ESPÉRAIS UN PETIT MIRACLE »
Parce que tu n’étais pas dans une grande journée, ou parce que le scénario ne t’a pas été favorable ?
Physiquement, je pense que j’étais bien. Je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai juste suivi. Je n’ai pas fait d’effort maximal à un moment ou un autre. Je me disais que ça pouvait peut-être rentrer avec le boulot des Trek. Et ensuite, j’aurais pu essayer… Espérer un exploit, en attaquant dans les deux derniers kilomètres ou en trouvant un trou de souris au sprint. Je n’ai pas baissé les bras, j’espérais un petit miracle.
Qui n’est jamais arrivé…
J’ai été complètement bousculé au sprint, j’étais beaucoup trop loin au kilomètre. Je suis remonté mais bon, je suis parti de tellement loin que pour aller faire un fond de Top 20… C’est frustrant.