Cédric Prizzon, ex-policier et condamné à plusieurs reprises pour violences conjugales ou harcèlement, s’en est-il pris à son ex-compagne Audrey Cavalié ? Avant de prendre la fuite avec leur enfant de 13 ans dont il a été déchu des droits de garde. C’est le scénario envisagé à cette heure par les enquêteurs de l’affaire des disparitions de l’Aveyron.

Dans l’affaire des disparus de l’Aveyron, un nom s’impose désormais comme une évidence pour les enquêteurs : Cédric Prizzon. Depuis vendredi matin et le signalement de la disparition de son ex-compagne Audrey et de leur fils Élio, 13 ans, cet ancien policier de la région parisienne est activement recherché. Et au fil des heures, un scénario de plus en plus inquiétant se dessine : selon nos informations, il aurait pu tuer son ex-conjointe avant de prendre la fuite avec l’adolescent, dont il avait été déchu de la garde. Mais il ne serait pas seul. Sa compagne actuelle et un enfant en bas âge auraient également disparu avec lui. Depuis, plus aucun signe de vie. Tous les téléphones sont coupés. Tous ont disparu des radars.

En fuite à l’étranger ?

Ont-ils quitté la France ? L’hypothèse est prise très au sérieux. Des fiches de signalement ont été diffusées dans tous les pays frontaliers. Les regards se tournent notamment vers l’Espagne. Un pays que Cédric Prizzon connaît bien. À l’été 2021 déjà, il y avait déjà enlevé son fils. Une première rupture. À l’époque, il avait emmené clandestinement Élio, accompagné de sa nouvelle compagne, Angela. Une enquête pour non-représentation d’enfant avait été ouverte. La cavale avait duré près de deux mois. Et c’est un élément troublant qui avait permis de remonter jusqu’à lui : selon une source proche du dossier, Angela elle-même avait fini par alerter les autorités après une dispute avec Prizzon. L’histoire se répétera-t-elle ?

En attendant, la chasse à l’homme est lancée. La section de recherches de Toulouse, unité spécialisée de la gendarmerie nationale dédiée aux affaires criminelles les plus sensibles, a été déployée en renfort. Les enquêteurs exploitent les données téléphoniques, analysent les images des axes routiers, croisent chaque signalement. Un véhicule abandonné, retrouvé du côté de Parisot, dans le Tarn-et-Garonne voisin, a notamment concentré les attentions. A suivre. Mais Cédric Prizzon est ancien policier. Il connaît les procédures. Il sait comment fonctionne une enquête. Ce détail n’a pas échappé aux investigateurs, qui mesurent à quel point la traque pourrait être longue et… complexe.

Une obsession

L’histoire de Cédric Prizzon l’est tout autant. Pour comprendre ce qui a pu se passer à Vailhourles, il faut remonter le fil d’un récent passé marqué par la violence, les tribunaux, et une obsession croissante. Originaire du Lauragais, l’homme à la carrure solide s’était installé dans le coin en rejoignant le club de rugby à XIII des Loups de Villefranche-de-Rouergue en 2011. C’est là qu’il noue une histoire d’amour avec Audrey Cavalié, originaire de Vailhourles. Ils auront un enfant, Elio. Mais une nuit de septembre 2020, tout dérape. Une dispute au couteau éclate au domicile du couple. Le 22 juin 2021, la justice tranche : condamnation pour violences réciproques, six mois de prison avec sursis pour chacun. Une décision que Prizzon n’acceptera jamais, convaincu d’être la victime d’un acharnement judiciaire.

Une garde alternée est mise en place. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. Élio a alors 8 ans. Mais Prizzon, ancien policier qui connaît les rouages de la justice, multiplie les recours, les plaintes, les déclarations. Il est convaincu qu’Audrey manipule l’enfant. Après son départ en Espagne à l’été 2021, en compagnie d’Elio, Cédric Prizzon perd définitivement les droits de garde. Cette fois, il inonde ses réseaux sociaux de vidéos dans lesquelles il dénonce ce « scandale », « une justice corrompue »… Il ira jusqu’à manifester, via une grève de la faim, devant le tribunal de Rodez, s’en prendra à des avocats, harcèlera Audrey. Selon nos informations, celle-ci était porteuse d’un téléphone grave danger.

« Je ne sais pas ce que je vais devoir faire pour que cette histoire se sache. J’irai jusqu’au bout, ça doit se savoir au national », disait-il récemment encore dans des vidéos. Depuis vendredi, ces mots résonnent tout autrement… En attendant, l’horloge tourne.