Par Yvan
Jourdan –
Publié le 22 Mar 2026 à
19:00
Contrôle technique dès 2026 pour
les voitures de plus de 10 ans : véhicules concernés, exemptions…
ce que change la réforme.
Un passage au garage qui risque de devenir une habitude
annuelle. À partir de 2026, les voitures de plus de dix ans devront
passer un contrôle technique chaque année, contre tous les deux ans
aujourd’hui.
Cette réforme concerne des millions d’automobilistes en France
et modifie en profondeur les règles pour les propriétaires de
véhicules anciens. Derrière cette décision, les autorités invoquent
la sécurité routière et la lutte contre la pollution. Mais
concrètement, qui est concerné, pourquoi cette mesure
s’impose-t-elle maintenant et combien va-t-elle coûter aux ménages
déjà fragilisés par l’inflation automobile ?
Un
parc automobile vieillissant sous surveillance accrue
Selon Esprit
Modèle, l’état des véhicules de plus de dix ans se dégrade
de manière préoccupante. Les défaillances techniques ont augmenté
ces dernières années, notamment au niveau des châssis, des systèmes
d’éclairage et des freins. Ces anomalies représentent un danger
direct pour les conducteurs, leurs passagers et les autres usagers
de la route. Dans le même temps, la France n’est pas un cas isolé.
En Allemagne, le TÜV a identifié plus de 150 000
véhicules présentant des anomalies graves lors de ses dernières
campagnes d’inspection.
Ce constat alimente l’idée qu’un contrôle plus fréquent
permettrait de détecter plus rapidement les défaillances et
d’imposer des réparations avant qu’un accident ne survienne. Par
ailleurs, l’argument environnemental pèse lourd. Les véhicules
anciens figurent parmi les plus grands émetteurs de particules
fines et de polluants atmosphériques. Un contrôle annuel vise donc
aussi à vérifier l’efficacité des systèmes antipollution et à
contraindre les propriétaires à remettre leur voiture en conformité
si nécessaire.
Quels
véhicules concernés et quelles exceptions prévues
La réforme cible tous les véhicules dont la première mise en
circulation dépasse dix ans. Cela inclut les modèles thermiques
classiques, mais également les hybrides et les premières
générations électriques. Autrement dit, une large part du parc
automobile français entre dans le champ d’application. Toutefois,
certaines catégories échappent à cette obligation. Les voitures de
collection, reconnues pour leur valeur patrimoniale et leur usage
limité, ne sont pas concernées. Les véhicules agricoles ainsi que
certains engins à usage spécifique bénéficient également
d’exemptions.
En revanche, les véhicules autonomes déjà en circulation font
l’objet d’une attention particulière. En raison de la complexité de
leurs capteurs, systèmes de navigation et assistances à la
conduite, les experts recommandent pour eux un contrôle
semestriel.
Un impact financier
direct pour les ménages
Reste la question du coût. Aujourd’hui, un contrôle technique
coûte entre 80 et 120 euros selon les régions et les centres
agréés. Avec un passage annuel, la dépense sera mécaniquement
doublée pour les propriétaires concernés.
À cela peuvent s’ajouter des frais de contre-visite et de
réparation, souvent plus élevés pour des modèles anciens dont les
pièces sont difficiles à trouver. De plus, les centres de contrôle
devront s’équiper pour diagnostiquer les technologies embarquées
des véhicules hybrides et électriques récents, ce qui pourrait, à
terme, influencer les tarifs pratiqués.