Par Yvan
Jourdan –
Publié le 22 Mar 2026 à
11:31 – Modifié le 22 Mar 2026 à 11:31
Méningite : un décès dans la
Manche, 29 cas au Royaume-Uni. Ce que révèlent les autorités sur
les risques et les mesures prises.
Une infection foudroyante, un décès en France et une flambée de
cas outre-Manche : la méningite revient brutalement dans
l’actualité. Jeudi 19 mars 2026, une salariée du site Orano La
Hague est morte à l’hôpital de Cherbourg des suites d’une méningite
à méningocoque. Au même moment, le Royaume-Uni fait face à une
épidémie qualifiée de « sans précédent », avec 29 cas
recensés et deux décès dans le sud-est de l’Angleterre. Alors que
l’inquiétude monte,
les autorités sanitaires françaises tentent de contenir la
situation tout comme celles britanniques. Un cas lié au cluster
anglais a également été signalé en France. Les investigations se
poursuivent pour déterminer les chaînes de contamination et limiter
tout risque supplémentaire.
Un décès dans la Manche, aucune connexion établie avec
l’Angleterre
Selon Libération, la victime est morte « à la
suite d’une infection invasive à méningocoque » après avoir été
hospitalisée dans la matinée. Elle travaillait au centre de
traitement des déchets nucléaires Orano La Hague. L’entreprise a
indiqué que « pour le moment, aucun lien n’a été établi avec
l’épidémie en Angleterre ».
Dans les heures qui ont suivi, cinquante
cas contacts ont été identifiés. Ces collègues, en contact
rapproché avec la victime pendant au moins une heure au cours des
dix derniers jours, recevront un traitement antibiotique préventif
pendant 48 heures et resteront confinés à domicile pendant dix
jours. Le bâtiment Atlas est en cours de désinfection et une
cellule de soutien psychologique a été ouverte.
29 cas au Royaume-Uni et un cluster étudiant sous surveillance
D’après L’Humanité, l’agence
sanitaire britannique UKHSA a recensé 29 cas, dont quinze
confirmés. Deux jeunes adultes – une élève de 18 ans et un étudiant
de 21 ans – sont décédés dans le sud-est de l’Angleterre. Plus de 6
500 personnes ont déjà reçu un traitement antibiotique
préventif.
Les autorités ont retracé l’origine du cluster autour de
l’université du Kent et d’une boîte de nuit à Canterbury,
fréquentée « entre le 5 et le 7 mars ». Robin May, directeur
scientifique de l’UKHSA, a précisé que les cas « se rapportent
d’une manière ou d’une autre à la même période, celle où
l’exposition initiale a eu lieu ». En parallèle, un programme
de vaccination ciblée contre le méningocoque B concerne environ 5
000 étudiants.
Une maladie rare mais
redoutable
La méningite à méningocoque reste rare, mais elle peut évoluer
très vite. Les formes bactériennes peuvent entraîner la mort en
moins de 24 heures sans prise en charge. Environ 10 % des cas sont
mortels. Fièvre élevée, maux de tête violents, vomissements,
raideur de la nuque ou apparition de taches rouges doivent conduire
à consulter en urgence.
Au Royaume-Uni, les nourrissons sont vaccinés contre le
méningocoque B depuis 2015. Les générations nées avant cette date
ne bénéficient pas de cette protection systématique, ce qui
explique en partie la vulnérabilité des jeunes adultes aujourd’hui
concernés par le cluster.